31 mai 2009
Ma façon de lutter contre Hadopi.
Je m'ennuie, et je n'ai pas envie de réviser. Alors j'ai décidé de révolutionner la poésie. Je sais qu'un dénommé Chutney, littéraire de renom, suit mon blog, alors nul doute que ça lui plaira.
Je crois pas vraiment en cette histoire d'Internet 2.0, mais allons-y, essayons quand même. Lisez bien le texte suivant :
Sans bruits,
le nouveau
me terrorise.
J'ai eu
de ceci,
effroi,
sales larmes
aux
joues,
jeûne.
Paranoide,
pas fier,
et lache,
et accusé.
Du silence ?
Par pitié
Evitons-le !
Des bruits !
Que ça !
De partout !
Si il est muet,
le nouveau
me terrorise
Mais en Fa
en Do, ou en Ré
Ma foi, oui,
Ca me va.
Oui, ça ressemble à rien. Mais pourtant, dans le nouveau système poétique que j'ai mis au point, tout ces vers sont des alexandrins.
Le premier qui trouve la combine gagne, heu, le truc de son choix. Je ferais tout ce qu'il me demande, dans la limite de mes moyens et de mon amour-propre. Faut bien s'occuper.
17 mai 2009
Attack Girls' Swim Team versus The Undead
Mes articles sur les films commencent quasiment toujours de la même façon : je m'excuse de n'avoir aucune culture cinématographique. Je ne saurais l'expliquer, il demeure juste qu'il y a des tonnes de films que j'ai l'impression d'être le seul à ne pas avoir vu.
Il y a peu, cette gêne a fini par se transformer en quasi-culpabilité, et même en obsession, et je me suis donc lancé dans de gigantesques sessions de rattrapage, bouffant de la pellicule à tout va, regardant plus de films en un mois que j'en regardais en 6 les années précédentes. Et que des vrais trucs, comme Léon, Reservoir Dogs, True Romance, Incassable (j'en reviens pas de pas aimer Night Shyamalan et d'avoir pourtant vu autant de ses films), Fear and Loathing in Las Vegas, etc.
Puis bon, voilà, au bout d'un moment, j'ai craqué.
Oui. Oui. Bon. Ok.
Difficile de savoir quoi penser de ce genre de films à la vue de l'affiche. Des asiatiques, des zombies, des maillots de bain ? N'importe quel esprit sain peut deviner qu'on se dirige vers une heure et demi de truc qui ne vont PAS être bien, mais il reste à déterminer à quelle sauce on va être mangé. Du film du cul vaguement scénarisé avec des morts-vivants en fond ? Du film de zombies vaguement érotisé avec des nichons en fond ? Quelque chose de si mauvais que c'est drôle ? Ou de tellement mal fait que c'est médiocre ?
Attack Girls' Swim Team versus The Undead propose tout ça à la fois. Et bien plus.
Tout commence avec l'arrivée d'une jeune étudiante dans un nouveau lycée. A peine arrivée, elle fait la connaissance d'une autre fille, membre du club de natation. Plaisanteries, confidences et seins s'ensuivent.

Au Japon, une formule traditionelle de salutation est de pousser les gens dans une piscine quand ils sont habillés. Le viol est aussi accepté lorsqu'on a le temps.
CAN'T SHOW TITS IN A CENTRISTE BLOG.
Une tradition veut que plus les seins apparaissent tôt dans un film, plus il y a à craindre pour la qualité globale. Si on ne compte pas les tétons qui pointent sous le maillot de bain dans la scène d'introduction, on arrive ici à tenir 8 bonnes minutes. Parfaitement honorable.
Ordonc, l'héroïne, qui tient presque du silent protagonist, se trouve une nouvelle amie en la présence de la plaisantine en question. J'ai oublié le nom de tout les personnages du film, alors appelons l'héroïne Patricia Kaas et son amie Cyril Hanouna.
Pendant que Patricia et Cyril comparent leurs corps nus sous la douche et y trouvent des similarités forts étranges (tache de naissance identique sur le sein, grain de beauté dans le cou, woh mon dieu) le plot essaie vaguement de se mettre en place à côté : le coach de l'équipe de natation s'avère être un gros lourdingue qui maltraite les filles dont il s'occupe, et se fait tuer par une d'elle qu'il la renvoie pour cause qu'elle se sente malade et pas en état de nager dans la compétition qui doit avoir lieu dans les prochains jours. Malade car une voix annonce une épidémie de virus qui s'est déclaré dans le lycée, et que les élèves doivent aller chercher un vaccin.
Virus.
Vaccin.
Zombie. On sent que le scénario commence à aller quelque part.
Le film comporte peu de personnages masculins (4 et demi), mais ils demeurent cependant tous assez mémorables.
Mais revenons-en à Patricia et Cyril. Profitant de la relative agitation qui a cours dans le bâtiment, elles en profitent pour sécher un peu (erp a derp, normal de vouloir sécher après avoir pris une douche, je suis si drôle), sous prétexte que le vaccin, elles s'en foutent. Et elles font bien : les premières personnes vaccinées commencent à présenter des symptomes inquiétants : elles jouent mal et ont plein de mauvais maquillage sur le visage. Typiquement, les symptones des acteurs de film japonais low-cost. Et heu, de zombies, aussi.
Tellement de choses mauvaises et fausses partout que je ne sais même pas par où commencer.
S'ensuit alors une scène absolument dantesque où un des professeurs qui pose une question de mathématiques (qui implique en gros des multiplications de X pommes par tant de yen. Dans un lycée. Bravo l'éducation japonaises) pète un plomb, dit à une des élèves "Tu ne connais pas la réponse ? Alors prenons un exemple. Commencons avec . . . DES POMMES" suite à quoi il jongle avec des règles en fer et coupe la tête d'une autre étudiante en hurlant à nouveau "DES POMMES". Le tout suivi d'un massacre dans les règles de l'art, avec moults jets de sang, dévorements et tutti quanti. Véritable (et pour ainsi dire seul) fou rire, j'ai eu mal aux côtes plusieurs minutes.
Cette séquence incroyable est suivie d'une autre qui mérite aussi son pesant de cacahouètes, où une prof infectée chauffe un de ses collègues, avant de l'attacher à une chaise (grace au miracle de l'élipse) et de commencer à lui couper/arracher diverses parties du corps. Pas la partie la plus drôle, malheureusement. Mais ça reste cependant un beau spectacle.
Elles vous chauffent, puis après elles vous coupent les orteils et vous arrachent les, heu, sinus, j'imagine. Toutes pareilles. Salopes.
L'action continue, et on se rend compte que Patricia Kaas ne partage pas que la personnalité du héros de jrpg de base : elle est aussi spécialiste pour tuer les zombies. Qui ne sont pas vraiment mort dans les faits, mais qu'importe, ce n'est qu'une question de terminologie. Elle commence à essayer de rescaper toutes les personnes non-infectées. Etant donné qu'à ce stade du film il ne reste plus beaucoup de figurants, ça implique en réalité de fuir de 2 lycéennes titubantes et de notre ami fan de pommes. Ce dernier se fait d'ailleurs descendre dans un impressionant showdown contre Patricia dans la cour du lycée.
Une équerre dans le dos ! Ma seule faiblesse !
Bon. Jusque là, on peut se dire que c'est du très bon. Le rythme réussit à ne pas ennuyer. Comme dans toutes les productions japonaises à petit budget, les acteurs jouent TRES mal, et c'est très drôle. Le fanservice est limité à quelques plans sur la poitrine siliconée de Patricia Kaas, ce qui n'est pas très intéressant mais a le mérite de ne pas être trop envahissant.
A ce moment, le réalisateur a du se dire "on manque de porno là, on perd leur attention". Et malheureusement, il s'est dit qu'il allait mettre les petits plats dans les grands. Après un rapide flashback nous expliquant le passé de Patricia Kaas ("J'ETAIS UNE ORPHELINE ON M'A ADOPTE ON A FAIT DE MOI UNE ARME ET JE RÊVE DE NAGER"), Cyril Hanouna commence à lui donner de la soupe. Avec la bouche. Deux fois. C'est long. Puis elles commencent à s'embrasser pour de vrai. On ne cherche pas vraiment le pourquoi du comment, on se dit, voilà, ce genre de films doit forcémment avoir ce genre de scène parce que sinon ce serait pas un vrai mauvais film à petit budget.
Norman_Blairo rend tout mieux.
SAUF QUE C'EST TROP LONG. 20 seconde de sekse lesbien aurait largement suffi pour faire passer le message, mais le réalisateur a jugé bon de faire durer ça pendant 10 interminables minutes. Je ne vais pas cracher sur du sexe lesbien entre deux asiatiques (erp a derp google rank), parce que bon, je n'ai pas la prétention de m'assurer moins pathétique que je ne le suis. Mais dans mon film de zombies qui était tellement mauvais qu'il était drôle, ça ne me plaît pas. Premier moment du film où je regarde combien de temps il me reste avant la fin.
"DIS ISZ DE TOOL FOL UPBLINGING."
Dieu merci, tout revient assez vite à la normale. Par un heureux hasard, les filles découvrent que si elles ne sont pas affectées par le vaccin qui rend fou, c'est parce qu'elles font partie du club de natation, et qu'elles sont parties nager après. En effet, la CHLORINE de la piscine permet d'annuler les effets de la zombification. Behold gentlemen, for this is the power of SCIENCE.
Malheureusement, la chlorine magique ne marche pas sur les professeurs qui ont reçu un "vaccin" plus puissant. Et donc, notre amie professeur d'engrish et mangeuse de sinus est inaffectée par le sceau d'eau que lui ont envoyée les filles. Ces dernières parviennent quand même à la maitriser, et en attendant de trouver une solution, la laisse traîner par terre.
Puis parce que ça faisait bien 6 minutes qu'on avait pas eu droit à un peu de sexe gratuit, le réalisateur juge que c'est le bon moment pour introduire le méchant de l'histoire. Pour l'introduire . . . DANS L'HEROINE ! Ha ha. Je me fais rire moi-même.
Ordonc, flashback. Le grand méchant, qui est derrière tout, est présenté : il s'agit d'un asiatique armé d'une flute magique. Non seulement celle-ci donne furieusement envie à Patricia Kaaas de se masturber quand il en joue, mais en plus, il n'a pas besoin de bouger les doigts pour produire des notes, celles-ci sont automatiquement générées en fond sonore, même quand il arrête de jouer pour copuler. Histoire de montrer qu'il est méchant, il pénètre froidement et sans émotion sa protégée. C'est chiant, mais c'est un peu moins long que le sexe lesbien sus-mentionné.
UTILISE TON KI.
Patricia Kaas décide donc d'aller règler tout ça une bonne fois pour toutes. Elle laisse Cyril Hanouna et les autres derrière. Evidemment, ces dernières n'ont pas envie que leur amie y aille toute seule ; et pour assurer un nombre suffisant de cadavres dans le film, elles décident aussi de sortir dans le lycée pour on-ne-sait-quelle-raison, armée de leur tenue de combat.
Quite à mourir, autant qu'on voit nos fesses !
Celles-ci rencontrent à nouveau la professeur d'engrish qui en tue une grande majorité. Le reste se fait surprendre par le grand méchant joueur de flute (appelons-le Danny) qui était en fait le coach depuis le début. Enfin, pas exactement, mais c'est chiant à expliquer. Voilà, le reste des figurants meurt. On est bientôt tranquille.
Patricia Kaas n'a bien évidemment aucune idée de ce qui se trame, et continue sa ballade dans le lycée. C'est sans compter sur sa rencontre surprise avec Danny au sous-sol. Shock and Horror. Celui-ci essaie de la séduire à nouveau en jouant de la flute. Cette fois, en plus de donner des envie masturbatoires à Patricia et de pouvoir produire des notes différentes sans avoir besoin de bouger les doigts, elle sonne étrangement comme un putain d'ORGUE. Une flute traversière. Ca ne sonne en rien comme un orgue. Stupides japonais.
On en arrive à peu près au dernier quart du film. Et j'ai envie de dire, à la fin du deuxième mouvement. Pour résumer rapidement jusqu'ici.
- 1ère partie : Passage introductif, bien débile, bien mauvais. Zombies hilarants. Pommes. Dure environ 40 minutes.
- 2ème partie : Passage chiant avec du sexe gratuit, des trucs qui n'ont aucun sens et un ennui général. Dure une vingtaine de minutes.
Et la 3ème partie, la fin du film. Qui se traduit par une sorte de "lol wut" monumental.
Tout commence par l'affrontement entre Danny et Patricia. Celle-ci révèle que ses envies hédonistes n'étaient qu'une feinte pour se déshabiller et révèler à grands renforts d'effets de mise en scène ridicule sa combinaison de combat : un maillot de bain. Il ne faut pas décevoir les fétichistes qui ont acheté le film juste pour sa couverture. S'ensuit un combat saisissant, où s'affrontent flute-orgue aphrodisiaques, pince-nez shuriken (wat), palmes-griffes (WAT) et qui se termine avec Danny qui s'injecte sa propre drogue. Deux fois. Sauf que la deuxième fois, ça ne le rend pas plus fort, il se contente d'hurler, de se frapper lui-même, puis de se faire tuer. Oh. Bon.
NOOOOOOOOOOOON.
Une fois Danny battu, Patricia Kaas sort en vitesse et trouve son amie, Cyril, allongée par terre et ligotée. Elle se charge bien évidemment de la libérer et de l'embrasser par la même occasion.
MAUVAISE IDEE. Cyril était en fait un pion de Danny depuis le début. Cette histoire de tache de naissance et de grain de beauté sur le cou (et d'orphelin aussi. Cyril était aussi orphelin) n'était qu'un piège pour se rapprocher de Patricia Kaas et gagner sa confiance. Car comme le dit assez intelligemment Cyril, si elles avaient été soeur jumelles, cela aurait impliqué qu'elles se soient ressemblées. Ce qui n'est pas le cas. Du tout. Erm. Tout ça pour ça, oui.
Piégée donc, Patricia ne s'est pas rendu compte des cachets de "NERVE PARALYSIS" (qui vend ça ?) que Cyril lui a fait avaler. Cette dernière commence donc à savourer sa victoire, menacant de couper les tétons de sa prisonnière, qui ne peut que rester au sol et haleter bruyamment. Mais lorsque Patricia annonce qu'elle est parvenue à tuer Danny, cela sème le doute dans la tête de Cyril. Et alors qu'elle s'apprête à porter le coup fatal, un coup de feu retentit, et Cyril se retrouve avec un point rouge entre les seins. Elle s'éteind, ses dernières paroles étant "Tu vois, il est encore en vie".
Et oui ! Danny n'était pas vraiment mort . . . Sauf qu'en fait, si ! Mais SON FRERE JUMEAU est lui encore en vie. Parce qu'il avait un frère jumeau, grands dieux, cette ficelle scénaristique témoigne d'une véritable témérité du réalisateur. Et même que y en avait un qui baisait les filles pendant que l'autre jouait de la flute. Ce qui est peut-être une façon d'expliquer le fait que les notes soient jouées en décallés. Ou pas, j'en sais rien.
Evidemment, je n'ai pas besoin de préciser que le frère jumeau est joué exactement par le même acteur.
MINDBLOWN
Mais de l'aveu lui-même du frère, il est bien plus faible que le véritable Danny. Et si la fille n'était pas paralysée, nul doute qu'elle lui ferait la peau. Néanmoins, cette dernière parvient à prouver qu'elle a de la ressource, et même complètement dénudée, parvient à utiliser ses dernières ressources pour massacrer Danny 2.
Avec un rayon laser.
Qui sort de son vagin.
Cela a pour effet de faire exploser le méchant Danny 2. Cela a aussi eu comme effet de me laisser complètement bouche bée pendant plusieurs minutes, même après que le film fut fini. Mes sourcils ne pouvaient pas aller plus haut. Mes bras ne pouvaient être plus bringuebalants. Mon espoir et ma confiance en l'espèce humaine n'était désormais plus qu'un lointain souvenir. A ce moment, je n'arrivais plus à penser qu'en mots courts et primitifs. "Que ?" "Quoi ?" "Hein ?" "Putain ?" "Vagin."
Le fait que l'héroine décide d'aller dans une piscine après, et Y CREVE EN GUISE DE FINALE A CAUSE DES MEDICAMENTS QUI DECONSEILLENT D'ALLER SE BAIGNER DANS LES 8 HEURES APRES EN AVOIR PRIS n'a surement rien arrangé à mon sentiment général de "qu'est ce que je viens de regarder bon sang il est 1h du matin et j'ai cours demain je vais rencontrer des personnes normales qui n'ont pas vu ce film et le regarderont jamais pour qui elles vont me prendre".
Quelques heures plus tard, mon esprit avait retrouvé un peu de sa clarté, même si repenser à la fin du film me file encore un peu la migraine et me donne envie de pleurer. Je dirais que finalement, le film vaut peut-être la peine d'être regardé. Peut-être. Dans le cadre d'une soirée légèrement alcoolisée et/ou avec des amis. En fast-forwardant les scènes de sexe. Et en étant avec des amis qui n'ont déjà que peu d'estime pour vous.
Ca représente un sacré paquet de conditions pour le rendre regardable. Et j'aurais beau le déconseiller à toute personne munie d'un minimum de goût, je ne peux m'empêcher malgré tout de laisser une petite partie de mon esprit hurler à la terre entière que, putain, ce film vaut la peine d'être vu. LASER VAGINAL.
11 mai 2009
Internet Aigri : De la mémétique.
Attention : Ca va être chiant.
On arrive à la fin des oo-oo's (prononcer "ou-ouze", même si il vaut mieux éviter de prononcer ça tout court), et on se dirige vers une nouvelle décennie, encore une qui va être chiante à nommer.
Après être passé par des nineties qui étaient plus ou moins une décennie d'expérimentation diverse dans de nombreux domaines, qu'est ce qu'on retiendra de ces années qui vont de 2000 à 2010 ?
Pour moi, c'est simple : Internet.
La population entière s'est geekisée. Comparez la densité d'ordinateurs et de connexions Internet de maintenant par rapport à il y a 10 ans. A l'époque, avoir Internet c'était un luxe, un signe de richesse quasiment. Une rareté même. Je pense avec émotion à Loïc, mon ami qui m'intimait de le laisser seul dans ma chambre pendant que je lui montrais du porn sur ma dreamcast. Que de souvenir et de nostalgie. Espèce de tordu, putain.
Aujourd'hui ? Pour citer un grand auteur-compositeur "je me fais ouij en 5 minutes avec eMule". La particularité, c'est plus d'avoir Internet, c'est de ne pas l'avoir. N'importe qui sait aller sur Internet, sait installer Messenger, et peut lacher ses comms à volonté ou faire profiter le monde entier de sa médiocrité. Magie de la modernité.
Mais pour quelqu'un qui a un blog, ce serait sacrément ironique de se moquer du nivellement par le bas de l'Internet contemporain. Plutôt que de faire ça, je vais plutôt décharger mon aigreur sur un phénomène plus précis et récent, mais qui se développe comme une grippe porcine qui serait vraiment dangereuse : la mémétique.
Si vous venez sur Geektature, il est fort probable que vous saviez ce qu'est un méme. Et, j'ai envie de dire, c'est bien le problème.
J'étais peut-être dans un mauvais jour cette fois-là, mais pour m'être promené un peu dans les hautes blogosphères geeks et otakus françaises, je me suis rendu compte de quelque chose d'horrible : Il n'y a plus d'humour. Il n'y a plus que des memes.
Loin de moi l'envie de me faire délateur et de poster des liens compromettants. Mais c'est une tendance générale. Et même moi, je n'y échappe pas toujours. Mais il demeure que j'ai vu des articles se voulant drôle, et se basant essentiellement sur des mèmes repompés jusqu'à la moelle, sans aucune volonté derrière d'apporter quoi que ce soit. Et, pire, qui partent avec le présupposé que tout le monde comprendra de quoi il est question. Fainéantise néfaste, en somme.
Et tout cela me semble assez surréaliste. Je pense pouvoir nommer à peu près toutes les personnes qui lisent ou ont lu Geektature, étant donné que je n'en fais absolument aucune pub, quasiment. Je pourrais truffer mes articles de private jokes horribles, de références à des évenements de ma vie personelle qui seraient complètement obscurs à toutes ces personnes qui tombent sur mon blog en faisant des recherches indécentes, ou même, et bien, je pourrais faire des articles reposant entièrement sur des mémes. Des memes Palikiriens, que probablement moins d'une dizaine de personnes sur la planète pourraient comprendre, allez, n'ayons peur de rien. La raison pour laquelle je ne le fais pas, c'est que, sur une plate-forme ouverte comme un blog, rendre son texte illisible/incompréhensible à une fange de lecteurs qui n'auraient pas les mêmes références, c'est juste du snobisme.
Ironique n'est-ce pas ? Geektature n'est pas "grand-public", loin s'en faut : Jeux obscurs, Animes pourris, Films médiocres, Sous-culture générale et tutti quanti, peu de choses susceptibles d'intéresser la nunuche qui sort de ses skyblogs. Pourtant, quand j'écris quelque chose, je ne peux m'empêcher d'essayer de rendre le tout un minimum compréhensible, car, si je parle de quelque chose que j'aime bien (ou que je juge digne d'intérêt), j'aime autant que le grand public puisse comprendre un maximum, quand bien même le-dit grand public n'aurait que peu de chances de poser les yeux sur mes articles. Je me plais à rêver parfois de gens qui vont sur mon blog, lisent, apprécient (?) et comprennent chacune de mes paroles à propos d'un jeu, d'un manga ou d'un film même si au final, ils n'iront jamais jusqu'à y jouer ou jusqu'à le regarder. Mon style rédactionnel (?) ne me permet surement pas de me la pêter autant, mais c'est un objectif que je me fixe quand j'écris sur Geektature.
A côté de ça, insérer de l'argot de 4chan à chaque phrase, qu'est ce que ça apporte ? Peut-être des raccourcis intellectuels appréciables pour qui a du mal a former correctement ses idées, mais autrement, ça fait soit rire jaune soit hausser un sourcil. Si je veux reprendre un mini-meme intérieur à Geektature, je préfère essayer d'écrire des trucs que même ma mère comprendrait (oui, en fait, elle ne lit pas vraiment mon blog. Sans blagues).
Et pitié, arrêtez de dire "EPIC".
Alors, oui, vous me direz; on vise quand même un certain public quand on écrit, et tout le monde sait ce qu'est un Rickroll, tout le monde connait les "mdrchats", etc.
Sauf que non. Ce n'est pas du tout le cas. Il y a des gens qui n'ont aucune idée de tout ça. Je me souviens avoir failli m'étouffer quand une fille de ma promotion m'a demandé ce qu'était Smash Bros il y a quelques mois. Est-ce que c'est pour autant qu'on devrait lui interdire l'accès à Internet ? Je ne pense pas.
Quoi qu'il en soit, ces personnes, désormais, arrivent sur un Internet complètement crypté où on leur dit juste d'aller "Lurk Moar". Passe encore sur un forum, un board, ou un chat. Mais sur un blog ? Bon dieu, pour qui nous prenons-nous ?
Je sais que c'est un message lancé à la mer, que moi-même j'utilise souvent un franglais approximatif juste pour le style et que bon, on s'en branle quoi. Il reste que bon. Voilà quoi. Faîtes un effort putain. Vous valez mieux que ça.

ET MAINTENAND CEST LE COMPHLIE.
Non j'aime bien cette image quand même.
02 mai 2009
Trois Royaumes, 300 millions fois plus de Chinois.
Parlons peu, parlons bien. Parlons de jeu de stratégie tour par tour hardcore.
J'admet avec une grande honte ne pas avoir une grande culture générale. Et à ce sujet, mes connaissances historiques sont désespéremment en grand besoin d'être mis à jour, voir même d'être instaurées. Parce que je me rend compte que je connais nettement mieux l'histoire de la période des 3 Royaumes en Chine que l'Histoire de France. Pour une fois oui, on peut dire que ce sera la faute aux jeux vidéo. Si Koei avait mieux fignolé Bladestorm, je serais aussi surement très érudit sur la guerre de 100 ans. Pour le moment, je considère que ça a été un conflit strictement franco-anglais impliquant des chameaux et des magiciens.
Maintenant que Dynasty Warriors 5, Warriors Orochi et Dynasty Warriors 6 n'ont plus vraiment de secret pour moi, je m'étais dit qu'il serait temps d'élargir un peu mes horizons, et de me pencher sur un autre jeu inspiré de la même période historique, mais en changeant ce coup-ci de perspective. Et me voilà à jouer à Romance of The Three Kingdoms XI.
J'avais eu un avant-goût de ce à quoi ressemblait la série avec le dixième opus sur ps2. Sauf que ce dernier était assez particulier, l'action étant centrée uniquement sur un personnage plutôt que sur une nation entière. Autant dire qu'on se faisait quand même pas mal chier une fois qu'on avait rempli les quotats exigés par le grand patron quand on jouait un bête vassal (même si il y avait un certain accent sur le côté exploration). Et qu'on était vite débordés lorsqu'on devait expliquer à l'IA ce qu'on attendait d'elle quand on jouait le grand patron en question. Entre les deux, il y avait quand même de quoi s'amuser, cela-dit. Mais pour le XIème, cette prise de position de gameplay est passé à l'oubliette, et on en revient à de la stratégie bien plus basique. Koei ne peut pas se permettre de faire trop original à chaque fois, quand même.
Plutôt que de faire une description détaillée du gameplay, je vais juste expliquer la raison pour laquelle ce jeu est HARDCORE (un type sur un forum en parlait comme un des jeux de stratégie les plus durs qui soit). Parce que le HARDCORE, c'est ça qui nous intéresse, nous les autres vrais joueurs, dont la vie ne se résume qu'à des screenshots comparatifs de X-men Origins et des tableaux de vente.
- No officers, no life : Tout le gameplay de RotK repose sur les officiers. Ils font TOUT pour vous, et une ville sans officiers est juste bonne à moisir et à se faire attaquer par des brigands. Comptez-en au moins une dizaine par ville pour espérer la faire tourner convenablement, 4 ou 5 en garnison une fois qu'elle est développée pour qu'elle ait encore une chance de produire quelque chose d'utile d'ici la fin de la partie. Evidemment, quand on commence avec des gros balaises typés Cao Cao ou Sun Jian, les officiers talentueux, ce n'est pas ce qu'il manque. Mais prenez Meng Huo et sa bande d'abrutis qui mettent 10 tours à construire une ferme là où des officiers normaux en prennent 2 et vous allez vite comprendre que sans bons officiers, votre partie va se trainer lamentablement. Surtout quand ils se cassent chez l'ennemi dès que leur Loyalty descend un peu trop.
- Diplomatie dans la Chine du IIIème siècle ? Nigga please : Le but du jeu dans RotK, quelle que soit la faction, c'est unifier la Chine. Ce qui se traduit en fait par "tout pêter". La diplomatie permet en gros de temporaliser, les alliances permettant à la rigueur de requérir de l'aide pour défoncer certaines puissances. Mais vers la fin, même un allié en "Trusted" avec qui vous avez formé une alliance officielle va immédiatement passer en hostile si il voit que vous êtes un peu trop gros, quelle que soit la quantité d'argent que vous avez envoyé dans sa direction générale. Victoire diplomatique ? Non, désolé, vous êtes trois siècles trop tôt pour la démocratie.
- Transport de troupes ? Clandestino ! Centralisation ? Illegal ! : Le côté qui tue tout, c'est que dans RotK, vos ressources ne sont pas centralisées. Chaque ville doit se gérer indépendamment sa bouffe, ses troupes, son or, ses réserves d'armes, et évidemment ses officiers. Le transport de ces derniers est le seul qui se fait relativement vite : pour le reste, il faut compter sur des chariots de transports qui se trainent lamentablement le long de la map.
C'est probablement le point qui rend le jeu si dur. Vous venez de prendre une ville ? Félicitations : d'office, les 3/4 de ses infrastructures vont pêter. Donc il faut reconstruire en grande partie à partir de rien. Vous comptez faire un gros steamroll avec votre cinquantaine de milliers d'homme sur-armés ? Lol non. Ou alors il vous faudra beaucoup plus de bouffe qu'une ville ne peut en contenir. Ou tenter d'attaquer des villes lorsque c'est la famine dans vos rangs, mais je doute que le facteur humouristique de la chose compense la futilité de la tentative. Donc il faut les mettre en garnison dans la ville prise nouvellement. Et attendre de récupérer assez de bouffe pour repartir, ce qui est un objectif quasiment inatteignable sans soutien de vos ville à l'arrière du front. Qui feront partir de la bouffe certes, mais à quelle vitesse ? etc.
Ca fait qu'en fait, le jeu n'est JAMAIS rapide. 3 siècles trop tôt pour la démocratie, 17 pour la Blitzkrieg. Même si vers la fin, quand on déplace ses officiers par paquet de 90 et que toutes nos villes à l'arrière sont laissées aux bons soins de l'IA, on a de quoi faire démarrer les villes assez vite.
- Shit is so historical : Non, évidemment, historiquement le jeu devient caduque dès que le joueur s'en mèle (comme en atteste mon LU BU RUSH sur le pauvre Cao Cao que j'ai enculé à sec quand je jouais Dong Zhuo). Mais les quelques éléments en question rendent le tout assez infernal : le côté "partage en couilles" qui est commun à la plupart des dynasties chinoises en fin de carrière, avec ses cortèges de paysans qui se révoltent (ce qui se traduit par l'apparition de camp de brigands près des villes où le "Order" est trop bas), ainsi que les tribus locales ou étrangères qui viennent foutre leur merde, etc. Le pire étant la durée de vie des officiers, qui, en mode "historical", dépasse rarement la quarantaine. La mort des officiers est une véritable saloperie vu qu'ils sont centraux, comme expliqués en point 1. Surtout que rien ne les empêche de crever en plein milieu d'une bataille, ce qui vous réduit d'un coup les capacités de votre unité. Et même si on est en général prévenu un peu à l'avance par notre stratégiste . . . Loin de moi l'idée de colporter un message xénophobe, mais lorsque vous avez 40 officiers et qu'ils ont tous des noms outrageusement chinois, vous allez avoir du mal à vous souvenir de tous ces avertissements. Surtout qu'après être passés, ils ne sont plus consultables.
(Pour info, à l'époque où je faisais anglais - chinois, un camarade asiatique s'étonnait de ma capacité à me souvenir du nom des empereurs et autres figures importantes de l'époque en cours de civilisation, parce que c'était des noms chinois. Et que lui n'y arrivait pas. Lui qui est asiatique. Je continue d'insister lourdement ou c'est bon ?)
Il demeure que tout ceci n'est pas vraiment un reproche. Il n'y a rien de particulièrement choquant, ou qui semblerait complètement anachronique dans la façon de jouer. C'est un jeu où on joue un seigneur de guerre chinois du IIIème siècle, évidemment qu'on va en chier pour unifier tout un putain de pays. Les seules vraies reproches à la rigueur pourraient concerner la faiblesses des technologies à rechercher, qui ont en gros toutes à voir avec le boum-boum-je-te-pête-la-gueule-avec-mes-chevaux. On peut aussi reprocher le faible nombre de scénarios "preset" (le nombre JOUABLE de scénarios preset, parce que Meng Huo merci) qui oblige le joueur à se tourner vers le mode "free" qui est assez intimidant vu qu'on ne comprend rien à ce qu'on est censé faire. Ou alors le côté assez simplistes des batailles qui se font toutes sur la carte générale du monde, alors que les anciens jeux proposaient des terrains à part et plus à l'échelle.
Mais tout ça, c'est du pinaillage car RotK reste un jeu extrêmement valorisant. Chopper une quinzaine d'officiers en faisant tomber le dernier bastion d'un seigneur est toujours hautement plaisant. Surtout que niveau officiers, on ne se fout pas de notre gueule, il y en a facile entre 600 et 700 (la littérature chinoise adore foutre plein de persos dans les histoires, alors si en plus on a des sources historiques, on ne s'arrête plus) et c'est toujours agréable d'en récupérer un nouveau, de mater ses stats, sa bio, ses family ties, etc. La lenteur générale du jeu fait qu'on en est d'autant plus impliqué. Et même si on n'est pas capable de retenir qui est cet officier si doué pour produire des chevaux, on finit quand même par avoir ses petits favoris sur le champ du bataille. Oui, j'ai eu un petit pincement au coeur quand Guo Jia m'a dit sur son lit de mort qu'il aurait bien aimé me voir finir mes conquêtes.
En revanche, il faut bien admettre que si vous n'aimez pas les jeux de stratégie prise de tête, bourrés de micro-management, ben c'est pas RotK qui vous les fera aimer. Mais pour les autres (sup Zali) il s'agit vraiment d'un bon plan, histoire de tuer quelques heures. Et quelques millions de Chinois qui ont choisi la mauvaise couleur d'uniforme.
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Et là, vous ratez le passage où elle(?) dit qu'elle va se convertir au bouddhisme. Pour faire comme Genghis Khan. Genghis Khan, ce fameux bouddhiste. Putain.








