17 mai 2009
Attack Girls' Swim Team versus The Undead
Mes articles sur les films commencent quasiment toujours de la même façon : je m'excuse de n'avoir aucune culture cinématographique. Je ne saurais l'expliquer, il demeure juste qu'il y a des tonnes de films que j'ai l'impression d'être le seul à ne pas avoir vu.
Il y a peu, cette gêne a fini par se transformer en quasi-culpabilité, et même en obsession, et je me suis donc lancé dans de gigantesques sessions de rattrapage, bouffant de la pellicule à tout va, regardant plus de films en un mois que j'en regardais en 6 les années précédentes. Et que des vrais trucs, comme Léon, Reservoir Dogs, True Romance, Incassable (j'en reviens pas de pas aimer Night Shyamalan et d'avoir pourtant vu autant de ses films), Fear and Loathing in Las Vegas, etc.
Puis bon, voilà, au bout d'un moment, j'ai craqué.
Oui. Oui. Bon. Ok.
Difficile de savoir quoi penser de ce genre de films à la vue de l'affiche. Des asiatiques, des zombies, des maillots de bain ? N'importe quel esprit sain peut deviner qu'on se dirige vers une heure et demi de truc qui ne vont PAS être bien, mais il reste à déterminer à quelle sauce on va être mangé. Du film du cul vaguement scénarisé avec des morts-vivants en fond ? Du film de zombies vaguement érotisé avec des nichons en fond ? Quelque chose de si mauvais que c'est drôle ? Ou de tellement mal fait que c'est médiocre ?
Attack Girls' Swim Team versus The Undead propose tout ça à la fois. Et bien plus.
Tout commence avec l'arrivée d'une jeune étudiante dans un nouveau lycée. A peine arrivée, elle fait la connaissance d'une autre fille, membre du club de natation. Plaisanteries, confidences et seins s'ensuivent.

Au Japon, une formule traditionelle de salutation est de pousser les gens dans une piscine quand ils sont habillés. Le viol est aussi accepté lorsqu'on a le temps.
CAN'T SHOW TITS IN A CENTRISTE BLOG.
Une tradition veut que plus les seins apparaissent tôt dans un film, plus il y a à craindre pour la qualité globale. Si on ne compte pas les tétons qui pointent sous le maillot de bain dans la scène d'introduction, on arrive ici à tenir 8 bonnes minutes. Parfaitement honorable.
Ordonc, l'héroïne, qui tient presque du silent protagonist, se trouve une nouvelle amie en la présence de la plaisantine en question. J'ai oublié le nom de tout les personnages du film, alors appelons l'héroïne Patricia Kaas et son amie Cyril Hanouna.
Pendant que Patricia et Cyril comparent leurs corps nus sous la douche et y trouvent des similarités forts étranges (tache de naissance identique sur le sein, grain de beauté dans le cou, woh mon dieu) le plot essaie vaguement de se mettre en place à côté : le coach de l'équipe de natation s'avère être un gros lourdingue qui maltraite les filles dont il s'occupe, et se fait tuer par une d'elle qu'il la renvoie pour cause qu'elle se sente malade et pas en état de nager dans la compétition qui doit avoir lieu dans les prochains jours. Malade car une voix annonce une épidémie de virus qui s'est déclaré dans le lycée, et que les élèves doivent aller chercher un vaccin.
Virus.
Vaccin.
Zombie. On sent que le scénario commence à aller quelque part.
Le film comporte peu de personnages masculins (4 et demi), mais ils demeurent cependant tous assez mémorables.
Mais revenons-en à Patricia et Cyril. Profitant de la relative agitation qui a cours dans le bâtiment, elles en profitent pour sécher un peu (erp a derp, normal de vouloir sécher après avoir pris une douche, je suis si drôle), sous prétexte que le vaccin, elles s'en foutent. Et elles font bien : les premières personnes vaccinées commencent à présenter des symptomes inquiétants : elles jouent mal et ont plein de mauvais maquillage sur le visage. Typiquement, les symptones des acteurs de film japonais low-cost. Et heu, de zombies, aussi.
Tellement de choses mauvaises et fausses partout que je ne sais même pas par où commencer.
S'ensuit alors une scène absolument dantesque où un des professeurs qui pose une question de mathématiques (qui implique en gros des multiplications de X pommes par tant de yen. Dans un lycée. Bravo l'éducation japonaises) pète un plomb, dit à une des élèves "Tu ne connais pas la réponse ? Alors prenons un exemple. Commencons avec . . . DES POMMES" suite à quoi il jongle avec des règles en fer et coupe la tête d'une autre étudiante en hurlant à nouveau "DES POMMES". Le tout suivi d'un massacre dans les règles de l'art, avec moults jets de sang, dévorements et tutti quanti. Véritable (et pour ainsi dire seul) fou rire, j'ai eu mal aux côtes plusieurs minutes.
Cette séquence incroyable est suivie d'une autre qui mérite aussi son pesant de cacahouètes, où une prof infectée chauffe un de ses collègues, avant de l'attacher à une chaise (grace au miracle de l'élipse) et de commencer à lui couper/arracher diverses parties du corps. Pas la partie la plus drôle, malheureusement. Mais ça reste cependant un beau spectacle.
Elles vous chauffent, puis après elles vous coupent les orteils et vous arrachent les, heu, sinus, j'imagine. Toutes pareilles. Salopes.
L'action continue, et on se rend compte que Patricia Kaas ne partage pas que la personnalité du héros de jrpg de base : elle est aussi spécialiste pour tuer les zombies. Qui ne sont pas vraiment mort dans les faits, mais qu'importe, ce n'est qu'une question de terminologie. Elle commence à essayer de rescaper toutes les personnes non-infectées. Etant donné qu'à ce stade du film il ne reste plus beaucoup de figurants, ça implique en réalité de fuir de 2 lycéennes titubantes et de notre ami fan de pommes. Ce dernier se fait d'ailleurs descendre dans un impressionant showdown contre Patricia dans la cour du lycée.
Une équerre dans le dos ! Ma seule faiblesse !
Bon. Jusque là, on peut se dire que c'est du très bon. Le rythme réussit à ne pas ennuyer. Comme dans toutes les productions japonaises à petit budget, les acteurs jouent TRES mal, et c'est très drôle. Le fanservice est limité à quelques plans sur la poitrine siliconée de Patricia Kaas, ce qui n'est pas très intéressant mais a le mérite de ne pas être trop envahissant.
A ce moment, le réalisateur a du se dire "on manque de porno là, on perd leur attention". Et malheureusement, il s'est dit qu'il allait mettre les petits plats dans les grands. Après un rapide flashback nous expliquant le passé de Patricia Kaas ("J'ETAIS UNE ORPHELINE ON M'A ADOPTE ON A FAIT DE MOI UNE ARME ET JE RÊVE DE NAGER"), Cyril Hanouna commence à lui donner de la soupe. Avec la bouche. Deux fois. C'est long. Puis elles commencent à s'embrasser pour de vrai. On ne cherche pas vraiment le pourquoi du comment, on se dit, voilà, ce genre de films doit forcémment avoir ce genre de scène parce que sinon ce serait pas un vrai mauvais film à petit budget.
Norman_Blairo rend tout mieux.
SAUF QUE C'EST TROP LONG. 20 seconde de sekse lesbien aurait largement suffi pour faire passer le message, mais le réalisateur a jugé bon de faire durer ça pendant 10 interminables minutes. Je ne vais pas cracher sur du sexe lesbien entre deux asiatiques (erp a derp google rank), parce que bon, je n'ai pas la prétention de m'assurer moins pathétique que je ne le suis. Mais dans mon film de zombies qui était tellement mauvais qu'il était drôle, ça ne me plaît pas. Premier moment du film où je regarde combien de temps il me reste avant la fin.
"DIS ISZ DE TOOL FOL UPBLINGING."
Dieu merci, tout revient assez vite à la normale. Par un heureux hasard, les filles découvrent que si elles ne sont pas affectées par le vaccin qui rend fou, c'est parce qu'elles font partie du club de natation, et qu'elles sont parties nager après. En effet, la CHLORINE de la piscine permet d'annuler les effets de la zombification. Behold gentlemen, for this is the power of SCIENCE.
Malheureusement, la chlorine magique ne marche pas sur les professeurs qui ont reçu un "vaccin" plus puissant. Et donc, notre amie professeur d'engrish et mangeuse de sinus est inaffectée par le sceau d'eau que lui ont envoyée les filles. Ces dernières parviennent quand même à la maitriser, et en attendant de trouver une solution, la laisse traîner par terre.
Puis parce que ça faisait bien 6 minutes qu'on avait pas eu droit à un peu de sexe gratuit, le réalisateur juge que c'est le bon moment pour introduire le méchant de l'histoire. Pour l'introduire . . . DANS L'HEROINE ! Ha ha. Je me fais rire moi-même.
Ordonc, flashback. Le grand méchant, qui est derrière tout, est présenté : il s'agit d'un asiatique armé d'une flute magique. Non seulement celle-ci donne furieusement envie à Patricia Kaaas de se masturber quand il en joue, mais en plus, il n'a pas besoin de bouger les doigts pour produire des notes, celles-ci sont automatiquement générées en fond sonore, même quand il arrête de jouer pour copuler. Histoire de montrer qu'il est méchant, il pénètre froidement et sans émotion sa protégée. C'est chiant, mais c'est un peu moins long que le sexe lesbien sus-mentionné.
UTILISE TON KI.
Patricia Kaas décide donc d'aller règler tout ça une bonne fois pour toutes. Elle laisse Cyril Hanouna et les autres derrière. Evidemment, ces dernières n'ont pas envie que leur amie y aille toute seule ; et pour assurer un nombre suffisant de cadavres dans le film, elles décident aussi de sortir dans le lycée pour on-ne-sait-quelle-raison, armée de leur tenue de combat.
Quite à mourir, autant qu'on voit nos fesses !
Celles-ci rencontrent à nouveau la professeur d'engrish qui en tue une grande majorité. Le reste se fait surprendre par le grand méchant joueur de flute (appelons-le Danny) qui était en fait le coach depuis le début. Enfin, pas exactement, mais c'est chiant à expliquer. Voilà, le reste des figurants meurt. On est bientôt tranquille.
Patricia Kaas n'a bien évidemment aucune idée de ce qui se trame, et continue sa ballade dans le lycée. C'est sans compter sur sa rencontre surprise avec Danny au sous-sol. Shock and Horror. Celui-ci essaie de la séduire à nouveau en jouant de la flute. Cette fois, en plus de donner des envie masturbatoires à Patricia et de pouvoir produire des notes différentes sans avoir besoin de bouger les doigts, elle sonne étrangement comme un putain d'ORGUE. Une flute traversière. Ca ne sonne en rien comme un orgue. Stupides japonais.
On en arrive à peu près au dernier quart du film. Et j'ai envie de dire, à la fin du deuxième mouvement. Pour résumer rapidement jusqu'ici.
- 1ère partie : Passage introductif, bien débile, bien mauvais. Zombies hilarants. Pommes. Dure environ 40 minutes.
- 2ème partie : Passage chiant avec du sexe gratuit, des trucs qui n'ont aucun sens et un ennui général. Dure une vingtaine de minutes.
Et la 3ème partie, la fin du film. Qui se traduit par une sorte de "lol wut" monumental.
Tout commence par l'affrontement entre Danny et Patricia. Celle-ci révèle que ses envies hédonistes n'étaient qu'une feinte pour se déshabiller et révèler à grands renforts d'effets de mise en scène ridicule sa combinaison de combat : un maillot de bain. Il ne faut pas décevoir les fétichistes qui ont acheté le film juste pour sa couverture. S'ensuit un combat saisissant, où s'affrontent flute-orgue aphrodisiaques, pince-nez shuriken (wat), palmes-griffes (WAT) et qui se termine avec Danny qui s'injecte sa propre drogue. Deux fois. Sauf que la deuxième fois, ça ne le rend pas plus fort, il se contente d'hurler, de se frapper lui-même, puis de se faire tuer. Oh. Bon.
NOOOOOOOOOOOON.
Une fois Danny battu, Patricia Kaas sort en vitesse et trouve son amie, Cyril, allongée par terre et ligotée. Elle se charge bien évidemment de la libérer et de l'embrasser par la même occasion.
MAUVAISE IDEE. Cyril était en fait un pion de Danny depuis le début. Cette histoire de tache de naissance et de grain de beauté sur le cou (et d'orphelin aussi. Cyril était aussi orphelin) n'était qu'un piège pour se rapprocher de Patricia Kaas et gagner sa confiance. Car comme le dit assez intelligemment Cyril, si elles avaient été soeur jumelles, cela aurait impliqué qu'elles se soient ressemblées. Ce qui n'est pas le cas. Du tout. Erm. Tout ça pour ça, oui.
Piégée donc, Patricia ne s'est pas rendu compte des cachets de "NERVE PARALYSIS" (qui vend ça ?) que Cyril lui a fait avaler. Cette dernière commence donc à savourer sa victoire, menacant de couper les tétons de sa prisonnière, qui ne peut que rester au sol et haleter bruyamment. Mais lorsque Patricia annonce qu'elle est parvenue à tuer Danny, cela sème le doute dans la tête de Cyril. Et alors qu'elle s'apprête à porter le coup fatal, un coup de feu retentit, et Cyril se retrouve avec un point rouge entre les seins. Elle s'éteind, ses dernières paroles étant "Tu vois, il est encore en vie".
Et oui ! Danny n'était pas vraiment mort . . . Sauf qu'en fait, si ! Mais SON FRERE JUMEAU est lui encore en vie. Parce qu'il avait un frère jumeau, grands dieux, cette ficelle scénaristique témoigne d'une véritable témérité du réalisateur. Et même que y en avait un qui baisait les filles pendant que l'autre jouait de la flute. Ce qui est peut-être une façon d'expliquer le fait que les notes soient jouées en décallés. Ou pas, j'en sais rien.
Evidemment, je n'ai pas besoin de préciser que le frère jumeau est joué exactement par le même acteur.
MINDBLOWN
Mais de l'aveu lui-même du frère, il est bien plus faible que le véritable Danny. Et si la fille n'était pas paralysée, nul doute qu'elle lui ferait la peau. Néanmoins, cette dernière parvient à prouver qu'elle a de la ressource, et même complètement dénudée, parvient à utiliser ses dernières ressources pour massacrer Danny 2.
Avec un rayon laser.
Qui sort de son vagin.
Cela a pour effet de faire exploser le méchant Danny 2. Cela a aussi eu comme effet de me laisser complètement bouche bée pendant plusieurs minutes, même après que le film fut fini. Mes sourcils ne pouvaient pas aller plus haut. Mes bras ne pouvaient être plus bringuebalants. Mon espoir et ma confiance en l'espèce humaine n'était désormais plus qu'un lointain souvenir. A ce moment, je n'arrivais plus à penser qu'en mots courts et primitifs. "Que ?" "Quoi ?" "Hein ?" "Putain ?" "Vagin."
Le fait que l'héroine décide d'aller dans une piscine après, et Y CREVE EN GUISE DE FINALE A CAUSE DES MEDICAMENTS QUI DECONSEILLENT D'ALLER SE BAIGNER DANS LES 8 HEURES APRES EN AVOIR PRIS n'a surement rien arrangé à mon sentiment général de "qu'est ce que je viens de regarder bon sang il est 1h du matin et j'ai cours demain je vais rencontrer des personnes normales qui n'ont pas vu ce film et le regarderont jamais pour qui elles vont me prendre".
Quelques heures plus tard, mon esprit avait retrouvé un peu de sa clarté, même si repenser à la fin du film me file encore un peu la migraine et me donne envie de pleurer. Je dirais que finalement, le film vaut peut-être la peine d'être regardé. Peut-être. Dans le cadre d'une soirée légèrement alcoolisée et/ou avec des amis. En fast-forwardant les scènes de sexe. Et en étant avec des amis qui n'ont déjà que peu d'estime pour vous.
Ca représente un sacré paquet de conditions pour le rendre regardable. Et j'aurais beau le déconseiller à toute personne munie d'un minimum de goût, je ne peux m'empêcher malgré tout de laisser une petite partie de mon esprit hurler à la terre entière que, putain, ce film vaut la peine d'être vu. LASER VAGINAL.
02 avril 2009
Dragon Ball Evolution : Shit was cash. Roughly 7,50€
Ok, ok.
Bon. Bien. Je reprend mon souffle. Je prend mes calmants. Ouf. Du calme. Du calme. Il me faut un moment pour remettre mes pensées en place. Pour me remettre de cette bouffée gigantesque d'endorphine.
Je l'ai vu.
Bien, bien.
Par où commencer ? Il y a tellement de choses mauvaises qui méritent d'être abordées. Tant de détails atroces qui méritent explication. Tant de grossièreté cinématographique qui m'a été catapultée en pleine face.
Et j'ai payé pour ça.

(Mon appareil photo numérique n'avait plus de pile, donc c'était soit le scanner, soit faire une vidéo fascinante où je tiendrais le ticket prendant 3 minutes et la mettre sur dailymotion. lawl)
7,50€. De quoi me payer à manger pendant toute une semaine à la fac (NB : je ne mange plus le midi à la fac depuis février parce que je suis trop pauvre). Sur ces 7,50€ que j'ai dépensé, une partie sera directement comptabilisée dans les bénéfices faits par le film. J'ai, à mon échelle, apporté à cette grande production une petite partie de son bénéfice. C'est un grand pas pour le Miramax, et un petit pas pour le budget alloué à la suite.
Ah, la suite . . . Mais je m'emballe. Reprenons du début.
Sur une planète où les continents sont agencés comme sur la Terre même si les endroits n'ont pas le même nom (dur hur hur) la race humaine a été menacée d'extermination par un gigantesque démon, Piccolo (premiers rires dans la salle) accompagné de son compagnon, un gros monstre appelé Oozaru (merci imdb). Dieu merci, 7 sages ont réussi à l'enfermer grace à une magie dont je ne retrouve pas le nom sur Internet. Mais houu, ivre de vengeance, Piccolo a réussi a en sortir, et se met en quête des 7 boules de crystal parce que parce que.
Pendant ce temps, Goku, joué par un illustre inconnu qui a figuré dans 1 épisode de Lost et 2 de Smallville, s'entraîne aux arts martiaux avec son "grand-père", Gohan (joué par un type encore plus obscur) dans une petite cabane reculée dans la forêt. Amusamment, "San Goku" est encore moins asiatique que moi (origine néerlandaise donc Indonésie, forcémment), et ce patronyme de débile mental, accordé à sa tronche, est probablement une des raisons pour lesquels il se fait tant tabasser dans son lycée. Oui, parce que Sangoku va au lycée, exactement comme dans le manga.
PENDANT 1H24 BORDEL.
Mais je m'égare. Brimé au lycée, et se retenant d'utiliser la violence contre les petites frappes qui le maltraitent et cassent son vélo, on ne peut pas dire que Sangoku ait la vie facile. Heureusement, il y a Chichi, une de ses camarades de classe (comment j'ai facepalmé putain) qui lui donne le courage de continuer à venir prendre des cours sur "par quoi sont causé les éclipses ?". Au lycée.
Ah, les éclipses. Transition.
Malheureusement, toutes ces petites amourettes lycéennes, et les entraînements où Gohan encourage son petit fils à utiliser son "kiiiiiiiiiiii" ne pouvaient pas durer éternellement. Piccolo (joué par l'acteur qui joue . . . Spike, dans Buffy. Ca explique tellement de choses) accompagné d'une paire de seins qui peut tirer des shurikens et donner des coups de pied, est de retour, n'est pas content, et veut donc les Dragon Balls. Il s'avère que San Gohan en a une, qu'il a donné à Sangoku pour son 18ème anniversaire. Fort contrit de ne pas la trouver dans la demeure du vieux, il tue ce dernier histoire de, afin de donner au héros une raison de lui en vouloir.
GRAAAND-PERE DUEEUHHHEUHH POURQUOOOOWA.
Revenant d'une petite sauterie organisée par Chichi, Sangoku voit le bordel qu'a laissé Piccolo derrière lui et crie vengeance, puis suivant les dernières paroles de son mentor, part à la rencontre de Maître Roshi afin qu'il l'aide à réunir les boules de crystal, avant la prochaine éclipse, sinon trop tard, Piccolo, qui se plaint d'avoir eu ses "atomes comprimés" pendant 2000 ans, va tout pêter dans sa frustration.
A partir de là je fast-forwarde, ça commence à m'emmerder : Sangoku prend sa propre paire de seins de compagnie au passage (Bulma, qui est un "docteur en dynamique appliquée spécialiste des armes tactiles". Allez-le voir avec un ami physicien ce film, vous allez voir, c'est priceless), choppe ensuite Master Roshi, joué par Chow-Yun Fat, qui réussit presque à être bien les 2 premières minutes où on le voit, puis enfin Yamcha, qui parvient à être encore plus inutile que dans le manga. Je ne plaisante pas, en plus de ressembler à rien, il ne sert vraiment à rien. Ce qui n'empêche pas Bulma de tomber amoureuse de lui. Characterisation en béton, vous dis-je. Notre héros au coeur vaillant retombe complètement par hasard sur la Chichi sus-mentionnée dans la foulée, histoire de lui coller un love interest, probablement pour voir jusqu'où le réalisateur pouvait s'enfiler le manga original au bout de sa rigueur virile.
HUHUH CHICHI HUHUHUHU.
S'ensuit diverses minutes de filler avec des sujets divers et variés, tels que combats contre des sbires de Piccolo complètement mauvais (et invisibles, merci le cadreur et les gars qui s'occupent de la lumière dans cette séquence), ou encore évocation d'un quelconque "plan B qu'on va devoir faire parce que le petit est pas assez fort mais en fait non qu'est ce que cela je n'ai même pas, Namaste Namaste Namaste", puis Piccolo pique les boules de crystal, puis SPOILER Sangoku était en fait Oozaru depuis le début et sa vraie personnalité se réveille pendant l'éclipse, mais grace à la quantité de fromage indécente à propos de "Croire en soi" "Crois en qui tu es vraiment" et apparenté, les deux parviennent à cohabiter, et foutent une branlée à Piccolo dans une scène qui m'évoquait vraiment un épisode de Power Rangers, plein d'effets flashy de mauvaise facture.
Piccolo meurt (?)(en fait non), la paire de seins qui l'accompagnait se fait shooter dans le dos par Yamcha (dur hur), on se sert des boules de crystal pour ressuciter Chow-Yun Fat (si quelqu'un a l'équivalent pour le ressuciter après son suicide cinématographique, il doit être preneur) qui était mort en se battant contre Oozaru, générique, applaudissement, séquence qui laisse supposer d'une suite, vraie générique. Fin.
Et tout ça était pas bien à un point exceptionnel. Dragon Ball, même si ça bercé mon enfance, je reconnais que ça a plutôt mal vieilli. Et qu'il aurait été risqué d'essayer de faire une adaptation fidèle (je n'ai pas vu la première adaptation d'ailleurs, mais ça avait l'air bien pourri aussi). Mais là, je n'ai aucune idée de la teneur de la démarche intellectuelle qui a motivé ce film. En sortant, mes compagnons parlaient d'un "nanard grand budget", pourtant, la quantité de fromage, le *relatif* sérieux des acteurs et les quelques tentatives d'insérer des blagues censées faire rire au premier degré me laissent plutôt supposer qu'on tient bien là un de ces navets, de ces trop rares navets, ceux qui parviennent à être tellement mauvais qu'ils en sont drôles.
Nul doute que j'achèterai le dvd.
Je ne peux que vous conseiller d'aller voir le film, et de vous répèter à vous-même les phrases suivantes pendant le visionnage afin d'en profiter pleinement :
"Sangoku"
"Yamcha"
"Sangoku fantasme sur Chichi"
"Chow-Yun Fat"
"La technique du Loup"
Et, surtout, la phrase la plus drôle, qui décuple le potentiel comique du film par au moins 8000 :
"7 euros 50".
18 septembre 2008
Le gnome ultra-violet.
Je ne m'intéresse probablement pas assez au feedback pour Geektature. En vue de l'élargissement constant de mon e-penis, j'ai pu recueillir quelques avis sur les sujets préférés de certains de mes visiteurs (féminins, en plus !). Afin de fidéliser ma clientèle, il serait donc bon que je :
- parle de jeux en ligne.
- dise du mal des gens.
- parle plus de manga et d'anime.
- reposte du Sans Nom.
J'ai donc passé une petite après-midi à brainstormer là-dessus. Puis j'ai regardé dans mes activités de ces derniers jours, semaines, mois et années, et voir qu'est ce que je pourrais en faire.
J'ai donc décidé de faire une review positive d'une série télé. HA HA HA, QU'EST CE QUE JE SUIS SUBVERSIF.
Néanmoins, que cette introduction incroyablement coup-de-poing et osée ne vous donne pas un mauvais avant-gout du sujet dont il est question.
Je suis assez peu porté sur la télévision en général. Il faut vraiment qu'un programme soit d'une qualité rare pour que je décide d'y accorder mon temps si précieux. Autant dire qu'à part Dexter et Flavor of love (ne cliquez pas, c'est super long), il n'y a pas grand chose en cette période troublée qui retienne mon attention. Mais dans des temps plus anciens où je considérais la télévision comme autre chose qu'un gros truc carré où on branche les consoles, j'avais été convaincu d'avoir fait une découverte fantastique et immense en la présence de Red Dwarf. Et grosso modo 8 millions d'anglais sont d'accord avec moi, ce qui est une preuve indiscutable de mes choix et de mon bon gout.
Diffusé d'abord sur C: (on ne rigole pas dans le fond) puis sur Gameone (on ne rigole pas devant), j'ai toujours eu l'impression que Red Dwarf n'a pas eu le succès mérité. Au moins pas en France. La sortie en DVD s'est faite outrageusement désirer, et il m'arrive encore de rencontrer des gens qui n'en ont vraisemblablent pas entendu parler. On vit vraiment dans un monde de fou.

"- Queen to rook 8. Checkmate.
- That's an illegal move.
- Oh sorry, queens don't move like that. I was thinking of poker."
Quel est le pitch ? Pour faire simple : David Lister est technicien dans le vaisseau minier Red Dwarf, gigantesque engin qui parcourt l'univers. Il est le subordonné d'Arnold Rimmer, un type atteint de la folie des grandeurs et obsédé par Napoléon mais incapable de ne pas devenir fou lors de ses examens pour devenir officier. Tout deux techniciens (respectivement de troisième et de deuxième classe), leur tâche se limite à réparer les distributeurs de soupes défectueux.
Néanmoins, David Lister cache un lourd secret : il cache un chat dans sa cabine. Lorsque le capitaine du vaisseau l'apprend, il doit choisir entre perdre 18 mois de salaire ou donner son chat pour que celui soit disséqué et analysé. En bon samaritain il choisit la première solution, et se retrouve en "stase temporelle" pendant 3 ans, afin d'éviter qu'il ne passe son temps à rien faire sur le vaisseau sans être payé.

"- And why is it so dirty around here, Hol ? What's this stuff ?
- That is Catering Officer Olaf Petersen."
Sauf qu'évidemment, la stase aura duré tout sauf 3 ans. Lister se réveille 3 millions d'années plus tard. Un sas mal refermé a causé la mort de tout l'équipage, et une bonne partie des salles du vaisseau a été condamnée à cause des radiations. Lister qui était en stase est le seul membre d'équipage qui ait survécu. Ramené par l'ordinateur de bord, Holly (présenté comme un petit vieux débonnaire légèrement chauve, et possédant 6000 de QI), il va vite se rendre compte que l'équipage se limite maintenant à un hologramme de Rimmer, son ancien et insupportable supérieur responsable de la mort de tout les membres du vaisseau, généré par l'ordinateur de bord, et Cat, une créature qui a évolué à partir des chats que Lister cachait dans sa cabine pour devenir un Felix Sapiens (un rôle de rêve pour l'acteur qui surjoue et en fait des tonnes tout en restant parfaitement en phase avec le personnage). Ils seront rejoint un peu plus tard par Kryten, un androide servile retrouvé dans un vaisseau pourri, qui se greffera définitivement dans l'équipage dans la saison 3, après un message informatif qui explique le pourquoi du comment de sa présence ainsi que du changement de sexe de Holly, mais qui passe très vite afin que personne ne le voit.
Red Dwarf suit donc les péripéties de cette belle bande de gagnants. Très honnêtement, même si on pourrait ranger la série dans la catégorie "science-fiction", c'est avant tout une comédie. Difficile de parler de réelle "science-fiction" lorsque la majorité de la série se passe en huis-clos. Cantonnés aux zones non infectées du vaisseau, les membres de l'équipage passent plus de temps à se lancer des vannes et à faire des voyages dans le temps dans des décors identiques qu'à visiter des planètes, probablement pour des questions de moyen. Cela change un peu dans les saisons plus avancées, mais à l'instar de Dracula 3000, une bonne partie des décors du début de la saga se limite à des couloirs du vaisseau.

"- I'm you from the future. I've come to warn you : in three million years you'll be dead.
- Will I, reaaaally?
- Yes. unless you do something about it now.
- Well, what do you suggest, give up white bread? More roughage!?"
Peut-être que certains d'entre-vous ont frissoné en voyant qu'un des principaux moteurs scénaristique de la série est le thème du voyage dans le temps. Ceux-ci représentent une bonne partie des plotkeys de la série. Et aussi étonnant que cela paraisse, le thème est relativement bien utilisé. Il ne faut pas oublier qu'on parle d'une série quand même assez vieille, qui date de 1988. Rendez-vous compte, 1988, le vingtième siècle, les eighties. Peut-être même que la série est plus VIEILLE que VOUS, oui, VOUS. Alors certes les histoires de voyage dans le temps s'accompagnent des habituels plotholes qui vont avec, mais 1) On s'en fout un peu, c'est drôle, et 2) par rapport à la production comique de l'époque, les quelques efforts scénaristiques de Red Dwarf apparaissent vraiment comme des coups de maitre. Il y a parfois des trucs mentionnés dans des épisodes qui réapparaissent plus tard, signe que même si il y a des incohérences à la pelle (Kryten sait mentir dans le dernier épisode de la saison 3 mais en est incapable au début de la saison 4, wut ?) les scénaristes gardaient quand même deux-trois bonnes idées en tête, et que de ce point de vue la série n'est pas aussi ridicule que les screenshots de cet article veulent bien le faire penser.
J'avais un peu peur en relancant ces vieux épisodes, car même si j'étais trop subjugué par la guerre du Golfe pour les regarder à l'époque de leur diffusion en Angleterre, il reste que quand je les avais vu (et enregistré sur mes VHS de 180 minutes, oui oui) le franc était encore en circulation, je n'étais pas encore en échec scolaire, bref, autant dire que ça date.
Mais la série a étrangement bien vieilli. Certes, mes souvenirs des couloirs et des vues du vaisseau était un peu plus glorieuses que ce qui m'attendait, mais même l'abondante quantité de carton-pâte, de rires enregistrés, d'incrustation horrible des acteurs sur les fonds verts et de gags parfois un peu téléphonés n'empêchent pas les personnages d'avoir des répliques de tueurs, un jeu d'acteur convaincant et une capacité hors-mesure à se retrouver dans des situations qui n'ont pas grand-chose à envier à celle de docteurs extraterrestres anglais.

"- Rimmer, what's going on out there? Isn't that Mahatma Gandhi? And what's he doing practising hand to hand combat with a nun?
- That's not a nun, Listy, that's Lieutenant Colonel Mother Theresa. She's a soldier now."
Dialogue authentique.
En bref, entre les DVDs qui sont sortis pour les riches, et l'intégrale de la série qui traine sur l'Internet pour les pauvres, vous n'avez plus vraiment d'excuses pour ne pas passer vos prochaines 21 heures devant votre pc à regarder du Red Dwarf.

Et voici les acteurs de la version américaine de Red Dwarf, dieu merci annulée. Oh mon dieu, la nerd rage, tant de nerd rage, je deviens fou, vite atteindre le bouton "poster & publier" avant que mon poing ne perfore l'écran, urghurhguarARHGHRU.
28 août 2008
Elle meurt.
Je voulais vraiment faire un article sur le 3ème film Death Note. "L : Change the worLd". J'en avais envie, vraiment.
Puis après une heure de visionnage j'ai subitement fermé VLC. Je suis allé télécharger plein de trucs à la con, je me suis fait chier à trouver un programme capable de transformer une séquence d'un fichier mkv en images, puis à chopper un autre programme qui permet de faire des gif.
Et j'ai fait ça :

Le pinnacle du film en vérité, avec le moment où L parle français.
Un beau gachis de temps et de moyen. Mais je me rassure en me disant que j'aurais pu faire pire : j'aurais pu avoir à supporter une heure supplémentaire de cette merde infâme. Merci d'arrêter de milker le dead horse.
15 septembre 2007
Le samurai qui avait six raies.
C'est marrant, mais j'ai toujours l'impression de commencer mes reviews de film de la même façon. En disant que je ne suis pas un grand fan de cet art-ci, que je ne regarde quasiment jamais de films, que ce sont toujours des nanards, des navets, ou des films bien obscurs, etc. Avec le temps, je me rend compte que les 2/3 de ce que je viens de dire vont devenir faux, puisque c'est encore une review de film qui vient remplir mon petit calendrier Geektature.
Après Napoléon Dynamite, Skinned Deep et Dead or Alive, je me disais qu'il était grand temps que je m'attèle à quelque chose qui ferait peut-être plus envie au grand public. Que les non-geeks ne passent pas leur chemin une fois de plus en soupirant, bien obligé de venir sur ce blog parce que je les force sous la menace.
Mais au final, non, comme il fallait que je me contente de ce que j'avais comme film disponible sous le coude à ce moment-là, j'ai du faire avec. Pourtant, des 4 films chroniqués sur Geektature (hm, il serait temps que je songe à une sous-catégorie des que j'aurais réfléchi à un jeu de mot approprié) celui-ci doit probablement être le plus regardable. Ou égalité avec Napoleon Dynamite, je ne saurais dire.
Six-string samurai, car tel est son nom. Un film particulier, qui parvient à cumuler une hype de haut vol (élu meilleur film à je sais pas quoi, encensé par la critique underground dans le sens large du terme) avec un bide financier encore plus incroyable. Ayant généré environ 15 fois moins que ce qui aurait été nécessaire pour le rentabiliser, Six String Samurai est passé entre les mailles du filet (ha ha) de grands distributeurs qui se seraient régalés du style en Europe, comme par exemple Mad Movies.
Pourquoi ce film précisemment ? Je ne le cacherais pas, mais c'est la hype (4chanienne, sic) qui m'a poussé à m'y intéresser. Et intéressant, le film l'est définitivement.
Vous voulez du scénario ? Il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, en revanche, le contexte est quant à lui carrément alléchant.
En 1957, la Guerre Froide a dégénéré, et la Russie (pardon, l'Union Soviétique) a pris le contrôle de l'Amérique à grands renforts de bombes nucléaires et autres. Il ne reste plus qu'un petit vestige de capitalisme salvateur en ces temps moribonds de domination socialiste : Last Vegas, tenus par le roi des rois, Elvis Presley.
Malheureusement, le King est mort 40 ans plus tard (en 1997 donc, quel film ridicule, tout le monde sait qu'il est encore vivant), et un grand appel est lancé à tous ceux qui aimeraient prendre sa place : Par là-même, tout les rockers samurais sont invités à aller à Last Vegas réclamer le throne.
C'est là que commence l'histoire. Nous sommes invités à suivre l'histoire de Buddy, un samurai fort intéressé par ce poste, mais qui devra faire face à de multiples dangers avant d'y arriver ... ou y arrivera-t-il ? Zomg spoilers.
Tout de suite, vient le problème de caractériser le type de film auquel on a affaire. "Action" ? Pas vraiment non. On est en 2007, on ne peut plus se contenter d'un truc aussi réducteur désormais, il faut un titre choc. "Inclassable" ? Allons, ne contournons pas le problème comme des petites lopettes.
Non, on peut dire que Six-String Samurai, c'est un film de samurai musical post-apocalyptique américain indépendant. Ne cherchez pas quel épithète correspond à quoi, vous ne vous feriez que du mal.

Rien n'est plus classe qu'un samurai rocker en costard-cravate destroy avec des lunettes pêtées.
Alors, que se passe-t-il concrètement, dans ce film ? Pas évident à résumer. Notre héros Buddy se retrouve très vite affublé d'un gosse insupportable après que celui-ci ait perdu sa mère et que notre bon samurai se soit occupé des méchants qui l'ont tué. Le-dit gosse s'exprime majoritairement par cris et par pleurs, et représente probablement le point le plus insupportable du film. Le seul, à vrai dire, ce qui le rend d'autant plus insupportable.
Ensemble, ou disons plutôt Buddy accompagné de son boulet, ils vont devoir affronter de nombreux dangers, sous la forme d'un trio de joueurs de bowlings belliqueux, de cinglés du futur fan de grunge et de marathon, de rescapés de l'area 51, d'autres fans de grunge, ainsi que de la Mort, qui a décidé que la place du King lui revenait de droit, et qui a comme but de faire rêgner le Heavy Metal en maitre à la place du bon rock'n roll local.
Ah et des communistes, aussi. Plein.
Et puis, heu ... voilà, c'est tout. Pas d'amourette particulière, si ce n'est celle entre le héros et sa guitare. Pas de retournements de fous, pas de comic side-kick, pas de bombasse. Six-string Samurai est un film assez dépouillé, mais pas pour autant inintéressant.

Des grunges mécontents armés d'une catapulte à chewing-gum.
Qu'est ce qui fait l'intérêt ? Et bien, tout d'abord, le réalisateur, d'après ses propres mots, a voulu placé l'image et le son au centre du film.
Et au niveau du son, il faut bien l'admettre, ça claque pas mal. La BO est l'oeuvre de quasiment un seul et un seul groupe, chanson russe traditionnelle mise à part. C'est du rock bien kitschy, comme plus personne n'en fait, et n'en faisait déjà plus en 1997 de notre ère. Notons quand même que les morceaux restent excellents, et il y a même quelques morceaux connus dans le tas (enfin, pour être franc, un qui est vraiment très connu). Quasiment tout le film est accompagné de musique (le-dit film n'étant par ailleurs guère bavard), ce qui fait une bonne grosse tracklist à la fin. A noter l'apparition des musiciens du film en guest star, les "Red Elvises", qui ont des instruments et des costumes qui feraient palir d'envie n'importe quel type qui a mauvais gout.

Balalaïka électrique, fuck yeah.
Au niveau de l'image, là aussi, c'est vraiment bien réussi. Tout est tourné en milieu naturel, et quel milieu naturel, puisqu'il s'agit de la Death Valley, en Californie. Evidemment, il faut aimer l'asphalte avec, à gauche, un paysage désolé, et à droite un paysage qui est lui complètement attristé. Mais ça a quand même quelque chose d'impressionant, et on imagine difficilement mieux pour faire un environnement post-apo.
Mais il faut que l'image bouge, et dans un film de samurai, quand l'image bouge, c'est qu'il y a du sabre dans l'air, ou, encore mieux, dans le thorax d'un méchant (cette phrase n'est pas poussive du tout). Et si j'avouais avoir quelques appréhensions avant d'avoir vu le film, il s'est avéré qu'en fait les scènes de combat sont plus qu'honorables, et loin de l'"American Samurai IV" que je craignais. L'acteur principal, Jeffrey Falcon, a apparemment passé une dizaine d'années à Hong-Kong pour faire des films où il est répértorié à chaque fois comme jouant un "Caucasian Villain", rôle réducteur mais qui a quand même porté quelques fruits, quand on voit le résultat dans ce film. Les scènes de combat sont, et bien, parfaitement réalisés. On pourrait peut-être parfois reprocher quelques mouvements de sabres qui sont aussi spectaculaires que superflus, donc assez peu réaliste, mais il ne faut pas oublier qu'on a quand même affaire à un film qui se veut avant tout beau à regarder, la pillule passant sans difficulté.

Le linge qui pend, c'est quand même nettement plus original qu'un combat sur des bambous. Surtout contre des types en scaphandre.
Au final, on se laisse donc porter. Je dois admettre que regarder un film sur mon home cinema de 17 pouces (oula, c'est une blague que j'ai déjà du faire 3 fois, ça . . .) en général, ça me soule un peu, et j'ai souvent tendance à décrocher au bout d'un moment. Pour Six-string samurai, à part des passages un poil longuets sur la fin, je dois dire que j'ai pas décroché.
En même temps, je ne m'imagine pas voir Six-string samurai autrement. Ce n'est clairement pas un mauvais film dont on peut rire bruyamment avec ses amis en dégustant goulument une bonne bière bien tiède et en s'absentant cinq minutes pour aller acheter des chips. Ce n'est pas non plus vraiment un film où on peut espérer garder une vingtaine de personnes attentives et motivées tout du long, car le film montre parfois quelques faiblesses, au moins pour ceux qui seraient hermétiques au style. Après tout quand on sait qu'une grande majorité du genre humain a du mal à rester éveillé devant des chefs d'oeuvre comme la saga Tremors alors qu'il n'est que 3 heures du matin, Six-string samurai ne ferait qu'une bouchée de leur éveil.
Six-string samurai, c'est ce petit plaisir de regarder un film qui, si on le laisse être le petit film obscur sans prétentions qu'il était destiné à être, ne peut que plaire. On l'apprécie ou on ne supporte pas vraiment, c'est en tout cas un film devant lequel il est difficile d'imaginer la réaction d'autrui, et que je ne peux que conseiller d'essayer.

Et c'est surtout un film où un mec clashe la Mort dans un duel de guitare. Quand même, oh. Zoing zoing !
13 août 2007
Dead or salive.
Il y a un point que j'adore aborder avec mes amis, ou même avec des gens qui ne me connaissent pas et qui aimeraient s'en aller quand je commence à les aborder.
Placons le contexte : imagineons que nous cohabitions sur la Terre avec une autre espèce intelligente. Une espèce découvert assez tard, qui aurait évolé de son côté et aurait développé un langage, une culture, un panthéon, une science qui lui est propre. Le plus grand des hasards a fait que ces êtres aient évolués depuis les taupes, de la même façon que l'homme descend du singe, quoi qu'en dise la cinglée de ma promo.
La question réthorique est la suivante : Comment réagiraient ces hommes-taupes à la vue d'êtres humains s'amusant follement à taper des taupes dans des fêtes foraines ?
C'est ce genre de question qui me donnent envie de devenir prof de philo. J'aborderais ça en plein milieu d'un cours, et je regarderais la face déconfite de mes élèves, peu à peu conscient que le bac de philo est en train de leur échapper.
Et puis un élève me regarderait. Un élève assez endormi, mais malgré tout attentif. Il commencerait sa phrase par "bah" comme il a commencé toutes les autres phrases depuis sa puberté. Et il dirait juste :
"On a qu'a demander à Devon Aoki ce qu'elle pense de la pêche à la ligne."
C'est ce genre d'instant magique imaginé qui me transporte au royaume des plaisirs charnels solitaires les plus exaltants lorsque je suis seul dans mon lit.
Mais trève de bavardage. Cette introduction un poil longuette avait comme but de dire que oui, j'ai vu Dead or Alive. "Ai vu", notez bien la subtilité, la légère différence par rapport à "suis allé voir", qui sous-entend que j'aime claquer mon fric de façon douteuse, lorsque j'en ai tout simplement besoin.
Qu'est ce qui m'a convaincu ? Déjà, DEAD OR ALIVE en film. J'ai souvent entendu dire qu'il y avait un scénario assez recherché. Si, si, malgré les apparences. Cela-dit, le type qui disait ça devait bien se rendre compte que personne ne vérifierait jamais, et peut-être qu'en fait, l'histoire tourne intégralement autour d'un beurrier emprunté, puis volé, et que tout le monde a décidé de rêgler ça par un tournoi de combat histoire d'arrêter de se prendre la tête.
C'est tout du moins ce que le scénario du film laisserait penser, vu sa haute qualité. Pour faire simple, des filles et des types sont invités à un grand tournoi d'art martiaux, le Dead or Alive ! Les invitations se présentent sous la forme de shurikens envoyés aux participants, ce que personne ne trouve louche. On ne trouve pas ça louche non plus de larguer tout les participants au dessus d'une ile déserte en leur donnant des consignes débiles pour rejoindre l'endroit des combats. Dieu merci, on s'arrange toujours pour tomber sur un nombre multiple de 8, ça ferait fouillis dans le tableau des combats, sinon.
Tiens parlons-en des participants. Tina est la première sur imdb, alors faisons-leur confiance. C'est une catcheuse. Elle se bat. Grargh. Son père l'accompagne pour le lol. Zack la drague. Lol. Elle est jouée par l'ex-femme d'Earl dans "My name is Earl" ce qui est vraiment déroutant (ça doit être le fait de la voir passée de white trash à white trash riche qui fait du catch). Autrement, elle n'a pas vraiment de raison d'être là, si ce n'est boieng boieng boeing.
Vient ensuite Kasumi qu'on a vu plus haut. Pas de chance pour elle, her brother is in another castle depuis un an, alors qu'il a mystérieusement disparu / est mystérieusement mort d'un gros coup de Bass dans le torse au dernier Dead or Alive. bah voyons.
Puis Christie, une voleuse "sexay" au possible (la séquence avec le soutien-gorge qui vole, c'est elle) dont le principal rôle semble de rajouter quelques secondes d'innuendo lesbien et de se faire sempiternellement troncher par Max, un type sorti d'on ne sait pas où (probablement pas du jeu, ou probablement pas avant le 2 en tout cas) qui est là pour voler des gros sacs d'argent en toile caché dans un coffre dans une cave quelque part sur l'île. Tout me semble vachement moins réaliste que dans le film, soudainement.
Viendra enfin Helena, la fille du gars qui a inventé le tournoi / acheté l'ile (peu importe) qui lui aussi s'est fait tuer mystérieusement, ou pas, je sais plus trop. Pour une raison qui ne convaincrait probablement personne, et qu'on a donc préféré passer sous silence, elle sait se battre.

Pas de capture d'écran, parce que, la flemme, putain.
Autour d'eux gravitent quelques personnages sans importance, dans le sens où ils ont des testicules ou des bonnets en moins. Max, cité plus haut, et donc cité une deuxième fois dans ce texte, ce qui doit représenter un record pour ce personnage en ce qui concerne les reviews du film, Weatherby, un geek qui ne rêve que de coller sa langue contre les amygdales d'Helena, et qui représente probablement la majorité des spectateurs du film. Le poids en moins.
Evidemment, ça ne serait pas un vrai combat dans tous les sens sans un master plan de fou derrière. Tout comme dans Contest of Champions 2, où tout est organisé par la reine Brood pour que Malicia devienne la future reine, ou quelque chose comme ça, il y a une éminence grise derrière tout ça. Sauf qu'en lieu et place d'un gros alien, il s'agit d'un vieux monsieur, grisonnant, comme sous-entendu plus haut. Qui cherche à (mon dieu spoiler) assimiler les techniques de combat des gens qui viennent au dead or alive grace à des lunettes qui le rendent super balaise quand il combat. Et qui le rendent super nul quand il ne les a plus. Un super-méchant bigleux, c'est super impressionant. J'ai hâte qu'on rencontre un handicapé qui a trouvé une "béquilles des arcanes secrètes" ou un vieux qui a un "pace-maker volé à un vieux maitre de ninjutsu brésilien".
Donc voilà en gros pour le scénario. Oui j'abrège un peu, mais à vrai dire, il faut reconnaitre qu'il ne se passe quasiment RIEN durant 1h30, du moins pas grand-chose, entre 2 scènes de combat gratuite.
Mais au final, le film en devient presque appréciable pour ce qu'il est. Ce n'est pas du Uwe Boll, où tout part dans tout les sens, où au final le produit terminé n'a plus grand chose à voir avec ce que c'était à la base. Il s'agit d'une grosse cut-scene d'1h30. J'imagine que j'ai ressenti un peu ce que les personnes qui me regardaient finir d'une traite Rumble Roses ont ressenti : des dialogues risibles entrecoupés de combats vaguement intéressants, et même si on finit par décrocher un peu vers la fin, on peut éteindre son cerveau en se disant que de toute façon on ne rate pas grand-chose.
Voilà probablement ce que c'est dit le réalisateur. Pas la peine de se faire des films, pas la peine de vouloir remporter un oscar : un film fait avec autant de conviction, qui aborde un beau pedigree "série B" est quasiment imperméable à la critique. Car, la simple évocation d'un film Dead or Alive sous-entendait déjà le peu de sérieux que tous les membres comptaient y mettre. Félicitations, messieurs.
14 juin 2007
Skinned Deep.
Oh shi-, voilà un certain temps que je n'ai pas fait de review. Pour me rattraper, un truc, vite fait, là.
Bon. Skinned Deep.
Avez vous déjà rêvé de voir Willow lancer des assiettes comme un abruti ? J'espère que non. Moi, la pensée m'avait surement effleuré, mais j'y ai vite renoncé, me disant qu'aucun réalisateur ne satisferait jamais mes pulsions céramiques.
J'avais tord.
Skinned Deep, est, disons-le pour aller vite, un mauvais film. Mais il a la particularité d'être un mauvais film que je suis parvenu à regarder entièrement. D'une traite même. Quelque chose d'assez étrange si il en est.
Il n'y a pas d'explications rationelles, si ce n'est peut-être que je savais ce qu'il se passait dedans avant de le voir, grace en soit faite à Something Awful, et que la répulsion inspirée par le jeu d'acteurs, le scénario, et, ma foi, tout ce qui défilait sous mes yeux, tout ceci était peut-être effacé par l'envie de voir la fin ridicule et monstrueuse du film.
Dans les mauvais films, il y a souvent un moment-clé. Un moment où, tout bascule, et le peu d'immersion qu'on parvenait à ressentir s'évapore complètement. Je ne dis pas qu'on suivait assidument avant. Mais il y a un moment, où on se dit "wouah, donc, en fait, ce film n'a bel et bien aucune qualité".

Ce moment-là est avant le moment suscité. Pour vous donner une idée.
Mais faisons un petit synopsis. Le film reprend un schéma bien connu : une famille de bouseux américains fait une petite ballade en voiture. Regardez bien chaque membre de la famille. Celui qui n'évoque pas en vous des grognements de cochon est celui qui va rester en vie plus de 20 minutes. En l'occurence, elle.

Adios, la maman enceinte d'un foetus de graisse et arriverdeci le sale gosse dont la mort est une bénédiction. Je vous épargne le père.
La famille tombe en panne sur une route, comme c'est dommage. Un pneu crève sans raison. Sans raisons ? Pas si sur, alors qu'une sorte de crochet relié par une chaine se retire doucement du plan avant que les protagonistes ne le voient. Grace à l'introduction du film, on sait que ce crochet appartient à un cyborg qui a un piège à ours à la place de la bouche, et qui aime tuer des vieux en voiture.
Dieu merci, papa ours le père trouve une petite cafet', tenue par la plus mauvaise actrice qui existe. vieille, de surcroit. Celle-ci lui dit que ça ne sert à rien de perdre son temps à essayer d'appeller un garagiste, et qu'ils feraient mieux d'aller chez elle manger un petit quelque chose.
Ok, alors donc, vous êtes perdus en plein désert, une vieille qui parle lentement et comme un éleve de CP qui jouerait une pièce qu'il a lui même écrit vous propose d'aller chez elle, dans une petite maison isolée. En chemin, au passage, vous avez trouvé une voiture pleine de sang, avec un macchabé à l'intérieur. Votre unique neurone s'active.
"Ah c'est bon, le policier m'a juste dit que c'était un accident. Plus ou moins."
C'est bon, on y va.
Je me suis ensuite rendu compte que j'étais une chochotte effroyable. Vous savez, un rien me ferait fuir, moi. Une décoration un peu morbide, trouver des têtes de poupées découpés derrière un meuble, plantés sur des cables de raccordement auraient de quoi me faire prendre la sage décision de faire machine arrière.
Accessoirement, un type qui a de toute évidence un masque en peau humaine sur le visage, un bouseux avec un gigantesque sac en kraft sur la tête qui semble lui recouvrir bien plus que ça ne devrait en recouvrir, et un nain en camisole avec un étui à assiettes dans le dos me convaincraient même de faire machine arrière très vite.
Mais cela ne dérange pas nos courageux héros.
Une scène de massacre plus tard, il ne reste plus que les deux enfants. Ils parviennent à s'enfuir grace à, heu, grace à . . . ma foi, grace au budget qui permettait d'avoir 1h10 de film supplémentaire. Le père se contente de rester sur place et de hurler, sans faire attention au cyborg avec le crochet qui s'énerve devant lui, la mère prend le pari risqué de ne prendre aucune initiative, ce qui, je vous le spoile, ne sera pas à son avantage.
Pause Haiku :
Ses assiettes jetées
Voilà Willow qui fulmine
Inutilement
La fille réussit à casser une fenêtre en jetant une chaise dessus (une fenêtre avec 5 loquets dessus, mais suffisemment fragiles pour se faire casser par une chaise) et s'enfuit avec son petit frère.
Une course-poursuite plus tard, il ne reste plus que la fille. Là, on a le vague espoir que tout peut s'arrêter très vite. Malheureusement, non, parce que le gros avec son sac sur la tête, qui est en fait Brain (cf image du dessus) veut garder la fille pour l'épouser.
Le film monte d'un cran dans l'étrange. Pas mal, après seulement grosso modo 20 minutes. Mais on en est pas encore au point de non-retour.
Brain va voir la jeune fille, prisonnière dans une salle où tout est recouvert de papier journaux. Brain arrive, et lui offre un délicieux repas : une soupe avec des doigts dedans, et une liasse de billet (?)(véridique, mais (?) malgré tout).
Quelques explications superflus plus tard ("quoi, tu veux pas m'épouser lawl ?") la fille parvient à s'échapper. Elle passe par des conduits étranges, mais guères inquiétants (les guirlandes électriques atténuant quelque peu la peur que l'on pourrait ressentir) en passant son temps à hurler à tue-tête si il y a quelqu'un qui veut bien l'aider. Dans une maison remplie de psychopates. Qui ont tué ses parents. Et qu'ils lui offrent à manger.
Et soudainement, des vieux. Ce n'est pas un interlude haïku, non, non. Des vieux débarquent. Des vieux bikers pour être précis. Appellés les "Old Ones" (et non pas les Old Bones, comme ce que j'ai cru lire à un moment), on retient surtout le charismatique leader, qui se fait charmer par le gros plan de la vieille méchante, et "Shakes". Pourquoi un vieux se ferait appeller Shakes ? Réponse en un mot : Alzheimer. Lawl.
Pour faire simple, tous se barrent, sauf le vieux, qui se fait tuer. Hourra. Retournons-en à notre héroine.
La jeune fille se refait capturer. Malheureusement pour elle. Cette fois, Brains l'emmène sur la moto du vieux qu'ils ont tué. Ils vont au bord d'un lac, où on voit des gens, et Brain, toute matière grise dehors, se met alors à discuter avec sa bien-aimée, sans avoir peur que, par exemple, quelqu'un le surprenne. Lui. Et son cerveau.

Je n'aime pas les casques, ça me décoiffe.
En gros, Brain (qui préfère se faire appeller Brian) explique qu'ils ont été fait pour tuer. Par le Créateur. Et qu'il ne peut pas s'empêcher de le faire, parce que sinon ça ne plairait pas au Créateur. Bouh, pas bon. On en sait pas plus sur ce Créateur, malheureusement. Mais ça va venir, rassurez-vous. Ils reviennent ensuite à la maison, où la fille se voit vêtir de sa plus belle robe de mariée, et attachée sur le devant de la voiture des méchants, dans la plus pure tradition des marriages entre fous consanguins.
En attendant, voilà des rednecks. Des gros, des vrais de vrais, qui se promènent dans leur camionette pourrie en projetant un film porno sur la route, ou quelque chose du style.
Ce plaisant interlude n'a pas sans rapport avec l'histoire. En effet, ils auraient pu continuer leur petite ballade tranquillement, mais c'était sans compter sur l'intervention surprise de notre ami le cyborg à la belle machoire, et de son ami le nain. L'affrontement est rude, mais juste, et très vite, il ne reste plus grand chose de nos amis bouseux.
Comble de l'oppression psychologique, la fille est obligée d'en tuer un. Mon dieu, l'horreur. Forcée par son futur beau-frère (le cyborg), elle étouffe un malheureux agonisant en lui versant du sable de la bouche. Ce qui a comme effet immédiat de faire passer le type au rouge vif, et de le tuer tout de suite. Faites attention. Vous aussi, vous pourriez être allergique au sable.
Ce moment n'est pas sans importance. Je ne parle pas du quelconque impact que le réalisateur aurait voulu lui donner. Il s'agit du moment clé du film. Du moment où tout part en couille. Absolument tout. Et que plus rien ne semble arrêter la folie déferlante conférée par la caméra à l'équipe qui se charge du film.
Brain, préoccupé par le fait que, et bien, tuer quelqu'un soit un fait nouveau et peut-être traumatisant pour sa petite amie, lui rend visite dans sa prison de papier journal. Quel n'est pas sa surprise quand elle le regarde avec un sourire mauvais. Qu'elle lui fait des propositions olé-olé.
Et qu'elle lui arrache un gros bout de son cerveau proéminent.
Ce n'est pas encore là qu'on se met à hausser les sourcils plus haut que d'habitude. Alors que Brain s'effondre par terre, des cubes avec des lettres sautillent hors de son cerveau. Et comme si tout n'était pas assez étonnant, ces dernières s'approchent de façon adorable de la fille, et marquent "LOVE". La fille écrase ses cubes, et ça devient "HATE". Mon dieu.
Vous vous souvenez des vieux, dont je parle plus haut ? Vous savez quoi ? Ils sont de retour, et ils sont pas contents. En effet, ils ont appris pour la mort de leur pote, et les "Old Ones" sont prêt à faire des ravages et de l'arthrite.
C'était sans compter que la terrifiante grand-mère. Elle sort de la maison, les salue bien bas, leur colle un signe de la paix sur le front de 3 d'entre eux. Et ces signes explosent.
Reste Shakes et une vieille. Et soudain, le match-up rêvé, le rêve de fanboys, la quintessence du film.

"Toi, moi, là-bas, mano a mano."
Pas la peine de me le dire. Pas la peine d'en avoir honte. Avouez-le : vous n'aviez jamais pensé à ce que pourrait donner un combat entre un vieux frétillant, et un nain obsédé par les assiettes. Ca courre partout, ça déterre des assiettes de sous le sable (sic) et ça se finit en une tête qui vole par dessus la cloture et qui arrive sur une voiture plus bas.
Alors là, on se dit que, peut-être, les vieux et la jeune fille vont allier leurs forces, ce qui marquerait peut-être la première action intelligente du film. Apparemment, non, ce n'était pas au programme. Fort de leur succès, Shakes et la vieille décide de s'en aller, en ayant apparemment complètement oublié qu'ils étaient venus venger la mort de leur ami. Normalité, 0, Alzheimer, 1.
Revenons-en à nos moutons. La jeune fille découvre enfin, à sa grande surprise, le Créateur. De sa voix profonde et magistrale, il fait son speech sur la nature humaine, sa propension à tout détruire, sa place sur Terre qu'elle ne mérite pas. Autant de paroles auxquelles je suis peu réceptif, fasciné par le corps impressionant de ce Creator.

Where is your god now ? "Lawl où avais-je la tête lawl"
Oui. Oui, moi aussi, je me suis posé de sévères questions à cet instant. Malheureusement, aucune n'arrivait à dépasser le stade du "Pourquoi ?".
Y a-t'il un message ? Une signification ? Une métaphore ? Cet homme, à la recherche de la perfection, en-a-t'il perdu l'esprit ? Et pourquoi "Dynomite !!" sur le calebard ? Pourquoi mon dieu ?
La contemplation éperdue de la jeune fille s'arrête lorsque la grand-mère arrive. Celle-ci s'approche d'un cadavre, prend un tuyau, et se le plante dans le cou. Un liquide dégueulasse passe d'un corps à l'autre, jusqu'à ce que la fille arrive, fasse un petit speech en tenant le tuyau, ce qui n'a pas l'air de déranger particulièrement la grand-mère (qui, rappellons-le, joue quand même très mal). Puis elle l'arrache tout d'un coup, et la grand-mère meurt immédiatement. Ce n'est pas évident à saisir. Avait-elle besoin de ce liquide étrange qui sortait du cadavre ? Mais si c'était le cas, pourquoi le fait que ça s'arrête comme ça la tuerait instantanément ? Le rapport est ténu, mais on peut rapporter ça au syndrome "ne pas débrancher la manette ps2 pendant la sauvegarde".
Cet tournure ne plait pas vraiment au créator. Celui-ci continue de prendre la pose, mais non sans déclarer une menace. "BEHOLD . . . CREATION !"
Un T apparait sur son Torse, et s'ouvre. A l'intérieur, on voit une sorte de bébé malformé, hideux, avec une tête gigantesque.
Et ce bébé se jette sur la fille en faisant des bruits, ma foi, de geeks.
C'est un concept hardu à saisir. Pourquoi est-ce que ce type archi-musclé s'amuserait à se propulser sous une forme quasi-embryonnaire vers une personne, si il a le but évident de lui faire du tord ? A ce niveau là, on ne suit plus vraiment, on est porté par les eaux de la stupidité et on finit par décrocher. C'est pourquoi je vais encore accélerer le rythme, parce que cette review commence à me souler.
Tout serait plus simple si toute la famille était bien morte. Pourtant, si vous avez fait le compte, il reste monsieur Cyborg. Et oui, le top-tiers, celui qui demeure pour l'instant invaincu.
Malgré sa machoire phénomènale, il s'était pourtant ici limité à tuer les gens avec une sorte de crochet au bout d'une chaine, une arme à peu près aussi performante qu'une laitue. Cette fois, il a l'air très en colère, car il claque des dents. Sa machoire, monsieur dame, sa machoire ! il s'apprête enfin à perpétrer un crime avec !
Dommage que le Baby Creator en fut la victime. Celui-ci jugea qu'il y avait là une fort belle baston avec laquelle il n'avait aucun rapport, et décida de se jeter dedans. Dedans, au sens propre du terme.

Tout ceci n'est pas très raisonnable pour mon régime.
Profitant de la panique générale, notre jeune amie en profite pour fouiller sous le calecon du Creator. Non pas que sa musculature puisse laisser supposer qu'il fut extrêmement bien membré (peuh, ça veut rien dire) mais le "Dynomite !!" du calecon cachait un lourd secret : Deux batons de dynamites présents là. Allez savoir pourquoi.
Quoi qu'il en soit, elle en colle un au cyborg, et un autre dans la baraque, et elle s'enfuit en courant, pour se retrouver à l'air libre. Elle prend une moto, écrase le cyborg, qui, bien qu'ayant déjà explosé une fois, s'avère particulièrement collant, et quitte la maison, qui explose magnifiquement.
Finalement, elle va voir le commissariat en pleurant, disant qu'elle a besoin d'aide et tout. Puis elle voit les photos de ses parents morts, et regarde le commissaire d'un air effrayé. Puis elle regarde l'arrière salle, où il y a, apparemment, plein de casiers, et pour une raison étrange ça a l'air de l'effrayer encore plus. Puis le commissaire sourit, sort un couteau d'une boite, et la fille se met à hurler.

"No Happy End for you, bitch."
Ce qui est amusant, ce que juste après, on laisse la fille à son pauvre sort, puisque c'est le générique de fin. Mais on continue d'entendre le hurlement. Pendant tout le générique. Absolument tout le long du générique. Qui fait bien 2 minutes. Et on l'entend hurler. Encore. Et encore. Et à vrai dire, ça ne s'arrête pas. Un peu comme si le film tenait absolument à laisser une dernière cicatrice à notre santé mentale.
Ah ! Comme je la regrette !
13 août 2006
Le Film qui a changé ma vie.
Je reviens donc d'une IRL, soit. Je n'épiloguerais pas là-dessus, du moins, pas dans ce message-ci. De même, j'ai la flemme de finir les Vacances d'un Geektateur, surtout que j'ai fait toute la loose que j'ai eu, donc ce sera forcémment moins marrant, hein. Puis j'ai tout oublié de toute façon.
Non, je veux parler d'un film que tout personne visitant Geektature devrait voir. Sans avoir le choix.
Je parle évidemment du terrible Napoléon Dynamite.
Qu'est ce que c'est que ça ? Et bah c'est un film produit par MTV (brr) mais rassurez-vous, pas un teen movie idiot ou quoi que ce soit. Enfin, si, c'est un teen movie idiot, mais pas idiot à la manière des autres.
Napoléon Dynamite, c'est une sorte de Garden State ou de Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. C'est à dire, le scénario est impossible à raconter correctement, parce qu'il s'agit plus d'une succession de mini-scènes oniriques.
La différence, c'est que Napoléon Dynamite est un peu un Garden State pour débiles.
Le nom du film est aussi celui de son protagoniste. Monsieur Dynamite apparait aux tout premiers abords comme un bon geek. Victimisé dans un lycée pour agriculteurs, ne trouvant de l'amitié que dans une relation avec un jeune mexicain laconique prénommé Pedro, Napoléon mène une vie relativement chiante, entre un frère accroc de la drague sur Internet et un oncle spécialisé dans le VRP.
Là on se dit que le pitoyable Napoléon Dynamite va avoir une révélation sentimentale, que son talent va l'amener vers des hauteurs insoupconnés et que la happy end sera de mise.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, c'est vrai. A la seule différence que Napoléon n'est pas "pitoyable" au sens premier du terme.
Quelqu'un de pitoyable, c'est quelqu'un qui inspire la pitié. Ce n'est pas du tout le cas de Napoléon. Il n'est pas seulement un simple geek, il s'approche plus du troll. Constamment brutalisé mais jamais en manque de répliques, Napoléon n'hésite pas à beugler des "espèce d'idiot !" ou des "crétin, tu gâche ma vie !" d'une voix parfaitement doublée en français (enfin, québécois sans accent) qui donne une sérieuse envie de lui foutre un bonne paire de claques.
C'est un peu ça la force du film : Chaque fois que le héros ouvre sa bouche, on ne peut s'empêcher de rire. Le héros n'est pas pitoyable, il est pathétique. Il meugle sa haine au monde entier, ou alors raconte absolument n'importe quoi, des paroles complètement dénuées de raison.
"C'est un Ligre. Elevé pour ses dons de magie."
En bref, il est amusant de voir comment le film aborde une réalisation vaguement onirique (parfois trop renforcé par un montage bourrin) sans du tout la coller à la même ambiance qu'à un des exemples sus-cités plus haut. Beaucoup de gens sur l'Internet se plaignent du fait que le film ait été enhancé par une sorte d'élite intellectuel qui ne cesse d'en reprendre les gimmicks.
Mais d'un autre côté, avec des phrases comme "J'ai tes affaires dans mon casier, tu voudrais pas m'en débarasser ? Je sais plus ou mettre mon nunchaku dans ce bordel..." comment résister, hein ?














