J'imagine qu'après autant de temps passé sans écrire, sans même vérifier mes commentaires ou ce genre de choses, il s'imposerait que j'ouvre ce message par des excuses, des explications ou des justifications. Je pourrais même en faire le sujet principal, alimentant la rubrique portant sur ma vie, et je pourrais ainsi parler des choses merveilleuses qui me sont arrivées ces derniers mois.


Comme il faut bien justifier tout ce conditionnel, je ne vais pas le faire, évidemment. J'imagine que l'envie d'écrire va et vient, disparaît parfois plusieurs mois, puis revient sans prévenir, un peu comme la philatélie ou l'addiction au crystal meth. À vrai dire, si mon père n'était pas sur mon Tribunal Vivant en train de regarder des millions de vidéos de foot en néerlandais (merci de pourrir mes recommendations Youtube, papa), je serais en train de jouer au lieu de taper ça.


Mais jouer à quoi, me demanderez-vous ?


PUTAIN DE TRANSITION.

 

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C'est intéressant quand un jeu vidéo vous fait poser des questions. Dans Fallout New Vegas, on peut se demander qui soutenir, est-ce que telle faction mérite d'être laissée en vie, devrais-je me mêler des affaires de cet NPC. Dans une bonne partie des jeux Megami Tensei, il y a toujours 3 fins, "Loyal" "Neutre" et "Chaos", qui, en général, se valent toutes (même si c'est plus de la connaissance par ouï-dire ici) et il est en général impossible de deviner laquelle serait la fin "canon" tant qu'il n'y a pas de suite.

Big Bang Age est aussi un jeu introspectif. 
Tout d'abord, quand est-ce que j'ai raté ma vie ?

Ce n'est jamais que le TROISIÈME jeu de stratégie hentai auquel je joue, le quatrième jeu hentai auquel je joue extensivement, et le troisième que je finis. Est-ce de ma faute ? N'y a-t'il pas de meilleurs titres qui pourraient accaparer mon attention, et dans lesquels j'éviterais ces amas de liquide séminal recouvrant de jeunes filles à la poitrine malformée qui jureraient sur leur marinière rose préférée qu'elles ont 18 ans ?

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Je pense tout d'abord que j'ai nettement moins de scrupules à pirater des jeux hentai que de vrais jeux. Maintenant que je suis presque un nouveau riche, vu que je touche la CAF, et que je suis revenu en pleurnichant chez mes parents, m'épargnant ainsi le paiement des commodités alimentaires quotidiennes (ou bi-quotidiennes tout du moins), j'ai parfois assez d'argent sur mon compte pour me dire que je pourrais l'investir dans des facettes légales de mon hobby. Et je le fais même, parfois.

Dieu merci, les jeux hentai ne me laissent pas le choix. Hors de question que je calcule combien de Yens pourraient bien valoir moesim1942 (que j'ai essayé de retrouver récemment, et dont les résultats de recherche renvoient soit à Geektature, soit à des boards japonais ; quel unique flocon de neige nazi aux grands yeux suis-je), surtout quand je sais que je vais galérer à installer un patch de traduction par dessus. Encore faut-il que celui-ci soit complet.

Et puis, c'est triste à dire, mais quand j'ai vu que Big Bang Age avait été pondu par le même studio que Sengoku Rance . . . ben ça m'a fait un peu le même effet de savoir que Godhand avait été pondu par les gars qui avaient fait Viewtiful Joe. Je ne vais pas linker mes propres articles, d'autant que je préfère éviter de rappeler, à vous et à moi, mon ode au défaitisme qui introduisait la présentation du jeu, mais Sengoku Rance était un jeu de stratégie captivant, assez unique en son genre (un genre dominé par le marché occidental, ce qui explique cela), doté d'une replayabilité modèle, drôle, punitif, bref, un excellent jeu.

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Quand j'ai su que Big Bang Age était le même genre de jeu, je me suis précipité dessus. Il était inutile de faire des manières, de s'exclamer "pff, encore un jeu Hentai" en levant les yeux au ciel. J'avais joué des heures et des heures à Sengoku Rance, j'avais fini le jeu 3 fois, et il s'agit probablement d'un de mes types de jeux préférés. Merci Alicesoft.
J'en avais déjà une vague connaissance en plus, ayant joué, il y a de cela bien longtemps à un jeu de combat en spin-off, "Big Bang Beat" (bien plus présent sur google image que son inspiration d'ailleurs). A vrai dire, je croyais même au début que le jeu était un spin-off du jeu de combat, et non l'inverse, qui aurait été fusionné avec le "Alice Soft"-verse. Il n'en était rien, mais l'idée d'imaginer un jeu de stratégie tiré d'un jeu de combat m'a encore plus poussé à découvrir le titre.

 

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En ce qui concerne l'histoire, le scénario ne propose pas grand-chose d'intéressant. Des étudiants japonais, des pouvoirs étranges, une porte sur l'enfer, blah, blah, blah. L'avatar du joueur n'est autre que Zanma Ryouga, un étudiant bien décidé à partir à la conquête du Japon (ou tout du moins, de la contrée la plus saugrenue qui soit abritant un nombre impensable de stéréotypes raciaux et fantastique et qui s'appellerait "Japon" dans ce monde étrange), juste parce qu'il n'aime pas vraiment comment les choses y sont. Tiens, tiens, ça me rappelle quelqu'un.

Il y a quand même des différences entre Rance et Zanma. Comme je n'ai, malgré tout, qu'une assez faible connaissance des persos et des tropes habituels des héros de jeux hentai, je ne saurais dire lequel des deux est le plus commun dans le genre, mais Zanma est un héros quand même bien plus accessible et grand public que le chevalier pervers. Là où le pénis était pour Rance ce qu'une canne blanche est à un aveugle pour sa perception du monde qui l'entoure, Zanma est bien plus modéré. En vérité, c'est presque un peu dérangeant : il est tout simplement polygame, ne fait pas spécialement preuve de perversité lors de ses ébats, et n'a en gros rien qui le caractérisait immédiatement comme héros de jeu pornographique, outre cette polygamie sus-mentionnée. De ce fait, certains le trouveront peut-être un peu plus supportable, même si personellement, je trouve qu'il lui manque un peu la personnalité odieuse de Rance, caractérisée par le rire graveleux, et les divers appellations à la "Hyper Weapon", "Imperial Juice" et autres. Cela rend *hélas* la lecture des scènes hentai nettement moins amusante que dans Rance (ce qui était, avouons-le, leur unique qualité) ; dieu merci, la touche Ctrl pour les éviter répond toujours à l'appel.

 

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En terme de gameplay, si vous pensiez que Sengoku Rance était restrictif, avec ses persos importants qui peuvent mourir en batailles et son nombre limité d'actions, vous allez pouvoir réviser votre jugement très vite. Big Bang Age, sorti 3 ans avant, est bien, bien pire. Le gameplay est figé dans le marbre, les possibilités d'actions suivent un rythme prédéterminé, en gros : sauvegarde -> visite en prison si possible -> une action sur la map -> placer ses persos -> attaquer -> défendre (éventuellement plusieurs fois si vous êtes en guerre contre plusieurs ennemis) -> parler avec un des persos -> sekse. Notez bien que "sauvegarde" a sa place dans le rythme, donc si vous vous trompez au moment de parler avec un de vos officiers, roflcopter.

Cette rigidité devient vraiment génante quand on a des tours assez chargés. Le placement des persos sur la carte du monde est crucial, notamment quand il faut, dans le même tour, attaquer, se préparer à défendre, disposer ses persos pour engranger du revenu et pour faire revenir l'ordre dans des provinces, et les foutre dans certaines régions pour déclencher des événements spéciaux. Avant même que vous ne commenciez à vous arracher les cheveux, sachez qu'en plus de ça, il vous faudra parfois laisser en laisser d'autres en réserve pour qu'ils regagnent leur point de vie et points d'action.

Si, dit comme ça, le jeu parait impossible, ça n'est pas vraiment le cas. Notamment, les batailles sont nettement, nettement plus simples que dans Sengoku Rance. Vous n'êtes plus confrontés à des horreurs comme le Takeda Blitz ou ces saloperies de Tokugawa où il faut refaire et refaire encore la même bataille en espérant capturer les meilleurs généraux pour que la prochaine invasion soit un poil plus facile. Même si les ennemis peuvent poser des problèmes, vous finirez par avoir un petit groupe de personnage suffisamment puissants pour être capable de ne plus jamais perdre un territoire quand ils sont dessus. Vous avez aussi l'avantage de savoir exactement combien de dégats vous et vos ennemis êtes capables de vous infliger réciproquemment (à l'exception de celles infligées par des capacités spéciales de l'ennemi), ce qui vous permet de programmer la mort ou la survie à 1 ou 2 hp près de vos unités (même si les chances d'esquive échappent à vos prévisions). Ce n'est pas un mal, car contrairement à Sengoku Rance, une unité tuée en combat est tuée immédiatement et pour de vrai, à la Fire Emblem. Et la mort de certaines unités déclenchent automatiquement un Game Over. Ce qui n'est pas très bien.

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Avec tout ceci, comment est le jeu donc ? Plaisant. J'imagine que le lectorat de Geektature qui se penchera dessus se sera déjà penché sur Sengoku Rance avant, ce qui est un peu un mal, le jeu étant un poil arriéré en terme de liberté, mais il demeure parfaitement faisable. Il conserve suffisamment de bonnes surprises pour valoir le coup d'être fait au moins une fois, et je ne cache pas que j'en suis actuellement à le refaire, cette fois en hard, le nombre d'embranchements possibles étant assez important, et le recrutement de certains persos bien cotons. D'autant qu'en zappant tout le texte, le jeu devient incroyablement plus rapide. La première phase du jeu, se déroulant dans une école, m'avais pris environ 4 ou 5 heures. En la refaisant en zappant tout les dialogues, j'en ai eu pour environ 20 - 30 minutes. 

Big Bang Age est aussi un jeu drôle, certains des persos sont assez attachants, et même si les explications du scénario tirent parfois un peu en longueur, toute l'histoire se laisse lire avec un certain plaisir.

Il est regrettable que le genre, le wargame-rpg lourdement scénarisé et scripté, avec quand même suffisamment de possibilités pour que le scriptage n'induise pas une mauvais linéarité, soit très peu explorée autrement que par des japonais pervers. Il y a bien les RotK, mais ils perdent de leur narration assez vite après les débuts de partie. Je sais que certains jeux occidentaux suivaient des recettes similaires dans les 90's, mais on dirait bien que le genre a largement disparu. C'est pourtant une des combinaisons les plus ingénieuses que je n'ai jamais vu, octroyant au joueur une bonne liberté sans pour autant que cela se fasse au détriment du gameplay, ou de la sensation d'immersion.

Il est temps que les développeurs indés se tirent les doigts du cul, arrêtent de faire des jeux de plate-forme poétiques et monochromes ou des clones de dwarf fortress/minecraft, apprennent à dessiner des nichons et à faire des maths, et commencent à produire en masse ce genre de jeu. Bordel.

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