Est-ce que ça vous est déjà arrivé ? Il y a quelque chose de connu, quelque chose dont tout le monde parle, qu'on voit sur des couvertures de journaux, à la télé, dans des pubs sur Internet, un truc apparemment phénoménal, tous les articles de journaux utilisent des métaphores à base de grotte ou de vivre sur Mars avec un cache-oeil pour exprimer le degré de hype du truc, et vous, vous êtes passé complètement à côté ?

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Je dois le reconnaître, ça m'est arrivé pour Harry Potter, que j'ai benoitement ignoré pendant des années. Non pas par snobisme. Encore aujourd'hui, je cherche une raison qui fait que je me suis retrouvé confronté à la franchise aussi tard. J'avais quantité de contacts et d'amis de confiance et de qualité qui en vantaient les mérites, mais malgré cela, je n'en arrivais jamais à me retrouver avec un des bouquins dans les mains, ou un des films sous mes yeux. Tout Harry Potter faisait partie de cette catégorie de trucs que je rangeais dans le "pas maintenant, mais un jour peut-être", au même titre que les jeux d'aventure textuels, la programmation, et les relations sexuelles.

Le temps a passé, et je n'ai toujours ni joué à des jeux d'aventure textuels, ni appris le Pearl, mais dieu sait que j'ai eu des poupées gonflables entre-temps. Pas seulement ça ; j'ai aussi grandement enrichi ma connaissance de sorciers anglais qui ne sont pas Rincevent en regardant pas moins de 3 films Harry Potter.

Je ne peux pas dire que j'ai été particulièrement déçu. Un peu, si je compare avec ce que je savais du pitch original, à savoir "Des Anglais font de la magie". J'imagineais plein de types en haut de forme avec des monocles sortir des lapins de leur chapeau, avant de boire du thé en disant "blimey, that is mostly flabbergasting, if I may say so". J'étais certes un peu loin du compte, à mon regret. Néanmoins, je retrouve un bout de ce fantasme dans le phrasé d'Emma Watson, je peux donc dire que mes attentes sont partiellement comblées, même si il est évident que le livre contient moins de panses de brebis farcies et de Marmite qu'il n'en faudrait (jamais assez de Marmite).

Je pense que ma sympathie pour la franchise démontre de ma capacité à être bon public, car d'après ce que j'ai pu glaner, il est souvent considéré que les films pairs de la série soient jugés les moins bons (l'inverse de Final Fantasy trololo). Or, j'ai vu respectivement le 4ème, le 6ème et le 7ème film. Un ordre et un arbitrarisme expliqué par le fait que je n'ai jamais payé le moindre kopeck pour les regarder, et que je me contentais donc des divx et des tickets de cinéma qu'on jettait dans ma direction.

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"ROOON ! GIVE US YOUR BODY !"
"Ladies, please. One at a time."

Avant de me plonger dans une analyse plus détaillée, je pense qu'il est important de préciser que je ne sais rien d'Harry Potter. Ou, tout du moins, que la connaissance que j'en ai repose largement sur le ouï-dire et sur Wikipedia. J'ai bon espoir cependant de pouvoir ainsi apporter un regard neuf, frais, et efficace sur la série, de la même manière que Stephanie Meyer a porté un regard neuf, frais et efficace sur les relations entre les vampires et les loup-garous et ce sans n'avoir probablement jamais regardé Underworld.

4ème film : HARRY POTTER ET LE GOBELET DU FEU.

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Twilight contre Karate Kid.

Dans ce film, il se passe plein de choses au début dont le but principal est de mystifier complètement le type qui ne connaîtrait rien de l'histoire du bouquin et qui choisirait de commencer par cet épisode-là. Un choix audacieux et qui a porté ses fruits, vu que le seul souvenir que j'ai du début du film, c'est moi en train de demander systématiquement qui est ce personnage-là, si ce type de 2 mètres avec de la barbe est le père d'Harry alors qui est la mère, et quelles sont les règles du Quidditch.
Pour me récompenser, le reste du film est un tournoi plein d'effet spéciaux avec une teneur scénaristique très maigre, qui contient la première apparition sur un vrai grand écran de Robert Pattinson (amusamment, j'y reviendrai plus tard dans l'article). On y découvre aussi que le BBEG de Harry Potter, celui dont on ne doit Voldemort le nom, est revenu d'entre les morts, ou a juste été libéré, ou quelque chose comme ça. Avec du recul maintenant, je ne peux pas vraiment m'empêcher de me demander ce qu'il se passait dans les 3 films précédents si le méchant de l'histoire n'est introduit que dans le 4ème épisode. C'est un peu comme si il y avait 6 films le Seigneur des Anneaux, et que les 3 premiers n'étaient une adaptation de la préface du premier volume (bien que je pense que quelque chose d'aussi horrible ne pourrait même pas exister, ça viole probablement un des principes de la thermodynamique ou de la quantique). Ou que Luke Skywalker passait 2 films supplémentaires au début à se battre contre des gars dans le désert pour finir dans un duel en apothéose contre le Moff Tarquin.

Moment marquant : Même si ça fait une paye que j'ai vu le film et que j'en ai donc oublié une grande partie, le moment qui restera à jamais gravé au fer rouge dans ma mémoire et que je ressors systématiquement dès qu'il est question d'Harry Potter, c'est ce passage infâme où Snape / Rogue dit à Hermione entre deux épreuves "Hey Hermione, tu peux venir me voir un instant ?". Passage à la scène suivante où Harry doit sauver quelqu'un sous la flotte, et de qui s'agit-il ? d'Hermione. Je me souviens avoir été complètement médusé par cet énorme coup de pute, et encore plus choqué en essayant de guetter les réactions de mes amis qui étaient dans la même pièce, qui ne faisaient preuve que d'apathie face à cette horrible situation. Je veux dire, je peux comprendre l'attrait évident que ça représente pour un public masculin de nous laisser fantasmer sur une Emma Watson à peine pubère qui fait tout ce qu'on lui demande, mais au point de se retrouver sous la flotte attaquée par des ondins ou que sais-je, tout ça pour une compétition, je trouvais ça un peu limite.
Il m'a été expliqué par la suite que tout était préparé et qu'elle ne risquait rien, mais c'est à partir de ce moment-là que j'ai compris qu'il valait mieux garder un oeil sur ce Severus Snape. Et sans grandes surprises, la suite de l'histoire me donna raison.

6ème film : HARRY POTTER ET L'HOMME-FAUTEUIL.

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Étrangement, bien que l'ayant vu il y a beaucoup moins de temps que le 4ème, je n'en garde pas un énorme souvenir non plus. Je ne sais pas trop ce qu'il se passe dans le 5ème, mais j'imagine que le caca frappe le ventilateur de plein fouet et que buter Voldemort est devenu une priorité. Apparemment, le méchant est immortel et il a placé les ingrédients de son immortalité dans des objets un peu au pif à travers le monde. L'idée n'est pas mauvaise, même si j'aurais probablement creusé le concept en leur adjoignant des gardes compétents, par exemple, ou peut-être en les foutant tous dans un coffre-fort que j'aurais largué dans des sables mouvants. Mais pour des raisons évidentes de plot, il ne fait pas tout ça, et il est donc du devoir d'Harry d'aller les chercher et de les anéantir.

Moment marquant : Je . . . je n'ai pas retenu grand-chose d'autre. Il se débarasse d'un de ces artefacts dans une cave en buvant de l'eau qui rend fou je crois. La maison de Ron se fait dévaster, ce qui a fait beaucoup whiner les gens dans la salle parce que ça se passe pas dans le livre. Gandalf Dumbledore meurt et prouve que ma méfiance envers ce Snape qui envoie des gamines à la noyade était largement fondée.
Et évidemment, vers le début, un mage capable de se transformer en canapé fait une démonstration époustouflante de son pouvoir, et donne son titre au film.

7ème film : HARRY POTTER ET LES SEPT RELIQUES DE CRYSTAL DE LA MONTAGNE SACRÉE DES SAGES DU ZODIAQUE.

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Oh, je sais bien ce qui arrive aux gens qui te font confiance Snape. Plouf.

Celui-là je l'ai vu y a pas longtemps, donc je m'en souviens bien ! La quête continue, et Harry doit pêter des trucs. La menace que représente Voldemort est largement atténuée quand on apprend qu'il avait confié une des reliques de son immortalité à un marchand quelconque qui se l'est faite voler sous ses yeux. On dirait que Voldemort traite sa vie un peu comme je traite mes troubles oculaires : mes lunettes c'est un truc important, mais ça m'empêche pas de passer mon temps à les oublier partout où je vais et à les laisser traîner n'importe où.
Après une suite d'évenement rocambolesques, le trio pique le-dit artefact, une amulette qui rend émo quand on la porte. Ils sont cependant dans l'incapacité de la détruire immédiatement et doivent s'y accrocher quelque temps en attendant de trouver un moyen de la pêter ; ce qui n'est pas un plotkey condamnable en soi. En revanche, je ne m'apesantirais pas sur la logique de vouloir l'avoir sur soi en PERMANENCE sachant que ça rend agressif ou de se dire que ce serait une bonne idée de laisser la cinquième "roux" du carosse, Ron, la porter pendant toute une journée.
La fin du film devenait un peu déconcertante pour le béotien que j'étais, vu qu'après divers deus ex machina impliquant Daniel Radcliff tout nu, qui aboutissent en la destruction de l'amulette (malgré les apparences, on n'en est pas encore au moment déconcertant), Harry décide soudainement que se débarasser de l'immortalité de Voldemort peut attendre et qu'il vaudrait mieux partir à la recherche de trois reliques ultra-bourrines à la place. Un peu comme si Luffy décidait d'arrêter de chercher le One Piece pour devenir Hokage, ou que Gon laissait tomber la recherche de son père pour se consacrer à la confection d'un pain qui représentera le Japon sur la scène boulangère mondiale. Le film se clôt sur une fuite d'un manoir plein de méchants grace à l'intervention d'un elfe évoquant une fusion (ou le fruit d'un amour interdit) entre Gollum et Jar Jar Binks. Oui, la fin du film m'est un peu passé au dessus de la tête.

Moments marquants : Au pluriel même ! Je me permet de faire une parenthèse. Est souvent appelé "le fils bâtard de Love Hina et de Harry Potter" Negima. Negima a, il est vrai, un début un peu difficile, mais finit vite par se mettre dans un état de manga de baston bien dessiné, nerveux, et fort bien ficelé. Une des caractéristiques aussi minime soit-elle, que j'apprécie dans l'histoire mais qui intervient trop peu, tient dans les choix moraux opérés par le héros, qui sont toujours creusés au moins un minimum, et même si ses décisions sont rarement surprenantes au final, l'auteur n'oublie pas de rappeler quels sont les avantages réels et concrets de décisions qui apparaitraient pourtant "mauvaises" car trop faciles (et certaines de celles-ci sont d'ailleurs parfois adoptées malgré tout par le personnage principal).
Il y a un peu de ça dans le septième Harry Potter. Autre comparaison plus limpide, vous vous souvenez de Men In Black, la lumière rouge qui efface quelques minutes de mémoire et que Will Smith il trouve ça pas bien ? Dans Harry Potter, les héros passent leur temps à passer la mémoire de NPCs au karcher, que ce soit quand même présenté d'une façon un peu dramatique (pour Hermione et ce que j'imagine être ses, heu, parents) ou que ce soit carrément "histoire de", comme ils le font sur des méchants. De même, pour infiltrer les locaux où se trouve l'amulette de Voldemort, les personnages sont obligés de prendre l'apparence d'adultes y travaillant. La scène où Ron finit par "trop" jouer le jeu et ses interactions avec la femme de l'homme qu'il imite est un excellent passage tragi-comique, largement servi par l'excellent jeu d'acteurs de ces adultes imitant des enfants qui imitent des adultes.
Comme je l'ai dit, j'étais largement enthousiaste jusqu'à la fin du film, où soudainement surgissent ces trois artefacts, qui, j'en suis sûr, sont probablement mieux introduits dans le bouquin. J'ai eu un léger rictus aux lèvres quand je me suis rendu compte que les méchants étaient incapable de reconnaître Harry Potter juste parce que celui-ci a reçu un sort qui le rend légèrement plus gros et moche. C'est vraiment un déguisement de niveau Superman, et c'est quand même vachement insultant pour Ron et Hermione qui se traîne leur binoclard depuis sept films que de ne pas être reconnus immédiatement.
Mon moment de honte ça aura été d'avoir passé le film à me demander secrètement sans oser poser la question à haute voix "c'est quoi un Muggle, putain ?". Ils passent leur temps à en parler, et comme ça impliquait tout le temps des répressions horribles et des quintes de racismes aïgus de la part des personnages totalitaires, je les imagineais un peu comme des mutants atroces expatriés sous le sol (un raisonnement probablement influencé par la proximité sonore avec "Murlocs" dans les X-men) cachés du reste du monde, proie à des battues de mages en colère. Je n'expliciterais pas leur vraie nature, puisque les gens qui connaissent Harry Potter voient très bien de quoi je parle et sont probablement en train de se foutre de ma gueule, et les autres, et bien, je ne veux pas vous gâcher ce qui a été pour moi un plot-twist époustouflant.

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"Les dragons dorment dans la nuque des tilleuls."

Maintenant que j'ai pu parfaitement établir ce à quoi tenait ma connaissance réelle de Harry Potter, je vais passer à la partie ouï-dire et harrypotter.wikia.com. J'ai découvert un aspect de l'histoire d'Harry Potter de façon assez inattendue : un de mes devoirs consistaient à produire deux traductions d'un texte d'environ 300 mots, chacune dans un style différent (méthode littérale, et méthode cibliste ; je ne cite ça que par souci d'exhaustivité, parce que je me doute bien que vous vous en foutez). J'ai été un poil surpris par la relative absence de témérité de mes camarades, qui se cantonnaient à des textes plus ou moins "normaux" souvent issus de romans, peut-être de très bonne facture mais sans réelle shock value, alors que j'écumais des sites comme The Onion ou Something Awful pour trouver mon sujet. Une seule de mes camarades avait comme ambitieux projet (hélas abandonné par la suite) de refaire une traduction de "la chanson du chapeau" d'Harry Potter. M'enquérant du contenu de cette chanson, elle m'expliqua que c'était une rapide présentation des quatre sections de Poudlard par un chapeau, le-dit chapeau décidant ensuite à quelle section chaque étudiant est confié.

J'aimerais que vous réfléchissiez un instant. Décroisez les jambes, redressez-vous, et retirez la main de votre menton. Rappelez-vous la fin de votre lycée, le moment où des centaines d'écoles étaient susceptibles de vous accueillir, où des millions de formation vous ouvraient leur portes. Et demandez-vous ce qui se serait passé si on avait laissé un CHAPEAU QUI CHANTE décider de ça pour vous.

"Bravo ! 19 à ta spé physique pour ton Bac S ! / Je te verrais bien en BTS de commerce !"

"Tu as tout déchiré en art plastique ! / Tu vas te plaire en informatique !"

"Je vois bien que ta passion, c'est la littérature ! / Épanouis-toi en LEA Mauritien - Ligure."

"Bosser dans la boîte de ton père après le bac ? / Je ne pense pas ! Direction, les arts du spectacle !"

"Tenter médecine ou pharmacie ? / Pourquoi faire ça quand tu pourrais apprendre le sanskrit ?"

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A aussi joué le rôle du grand méchant dans "L'étrange Noël de M. Jack".

(je tiens à préciser que je ne ressens aucun grief particulier et n'émet aucun jugement de valeur envers les formations citées ci-dessus, à l'exception peut-être des arts du spectacle)

Alors évidemment, je grossis le trait, je force un peu le tout. Le chapeau étant censé être relativement intelligent (pour un chapeau, je suppose), ses choix sont malgré tout sensés et réfléchis.

Vraiment ?

Regardons un peu les quatre maisons où on peut être envoyé. Griffindor, c'est les types braves et bons, de parfaits paladins, Loyal-Bon à fond les ballons. Ravenclaw, c'est les intellos, de vrais mages quoi, Neutre-Bon, Neutre Strict à la rigueur.
C'est ensuite que ça commence à devenir un peu cahotant. Slytherin / Serpentard, c'est là où sont envoyés les types rusés et ambitieux. En somme, dans le meilleur des cas, chaotique-neutre, dans le pire, neutre-mauvais. Dans un RPG, on pourrait vaguement les associer aux voleurs, je suppose. Pour une raison qui m'échappe, mais qui doit en fait me dépasser puisqu'il s'agit de la volonté d'un chapeau, il est considéré comme raisonnable de regrouper ces types-là ensemble, et limite de leur filer un passe-droit en disant "désormais tout le monde sait que vous allez être des connards manipulateurs, alors lâchez-vous !". Oh, évidemment, il y a surement des types là-dedans qui ne sont pas des connards finis, mais on m'ôtera pas de la tête qu'y ostraciser tous les types ambitieux revient en gros à fonder une "usine à méchants". Apparemment parfaitement efficace, si j'en crois les films.

Mais il y a encore pire que ça, il y a Hufflepuff. Vous savez, étudier la magie, ça n'est pas donné à tout le monde. Ça fait quand même de vous quelqu'un de spécial, pas vrai ? Bah il faut croire que non, parce qu'il y a Hufflepuff. Les types de Hufflepuff ne sont pas reconnus pour avoir une qualité particulière, à part de "bosser dur", ce qui est la façon polie de dire que ce sont de "brave gars", une façon polie de dire "des abrutis". Même Ron Weasley, qui est un peu présenté comme la quintessence du looser de service, réussit à ne pas y atterrir, ce qui en dit long sur le niveau moyen des élèves qui s'y trouvent.

Sérieusement, supposons qu'un méchant butte un gars de Griffindor ? Ok, ça prouve qu'il est fort. Il bute un gars de Ravenclaw ? Il est incroyablement intelligent. Il bute un gars de Serpentard ? C'est un monstre au sang-froid pire que les autres monstres au sang-froid.
Il butte un gars de Hufflepuff ? Ah bah c'est pas de chance.

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Outre leur rôle microscopique dans l'histoire, la plupart du lore autour d'eux est ridicule, tournant principalement autour du quidditch, ou de la bouffe. Là où les autres écoles se voient attribuer des lieux super classes comme des tours ou des donjons, eux se retrouvent à l'étage des cuisine. On a presque envie de les prendre pour des débiles. "Voilà, ça c'est ta chambre, là c'est la banquette où tu peux dormir, et là c'est ton sceau. Dans l'armoire là-bas avec la grosse poignée ronde, tu trouveras tes affaires, à savoir tout un set de slips propres et des grosses cuillères en plastique. Ça sert à manger. Je te conseille de te dépécher de poser tes affaires, les cours de peintures sur les main commencent dans seulement une heure."

Hufflepuff est pire qu'un underdog, car leur médiocrité semble tout simplement présupposée et immuable, et on dirait qu'ils s'y complaisent parfaitement. Leur rôle tout au long de l'histoire se contente d'être microscopique. C'est probablement ce côté franchouillard qui me fait toujours apprécier les minables qui deviennent soudainement capables de tenir tête à un grand méchant, ne serait-ce que sur une courte période de temps, mais il n'y a rien de tout ça qui arrive chez nos amis de Hufflepuff. Et je trouve ça triste. Si triste.

Il fallait donc que quelqu'un se lève et prenne leur défense. C'est difficile. Allez devant une assemblée de fans, et demandez-leur de brailler quel est le nom de leur faction préférée ; bien peu, j'en ai peur, se mettront à hurler "HUFFLEPUFF UP IN THIS BITCH". Tenter de dégager leurs bons côtés représentent une tâche probablement bien trop hardue pour n'importe qui qui aurait une vraie connaissance, au moins vaguement approfondie, de l'univers et de l'histoire d'Harry Potter. Mais ce n'est pas mon cas. À la seule force de ma dialectique, je vais prouver que Hufflepuff mérite le respect.

1 - Les seuls non-anormaux.

Le fait qu'à peu près n'importe qui puisse entrer à Hufflepuff peut apparaître comme un signe de médiocrité placide, mais il faut se rendre compte qu'au moins, on échappe à une catégorisation trop facile des élèves, qui est un petit peu ce qui définit les autres groupes. Dans la vraie vie, il n'y aurait à Griffindor qu'un gros paquet de tous ces bons élèves premiers de la classe baffables à souhait, Ravenclaw serait constitué intégralement de nerds et d'asiatiques, et étudier à Slytherin serait comme étudier médecine, l'alcool en moins.
Hufflepuff, ce serait le coin des mecs pas trop décidés à savoir ce qu'ils veulent faire. Du geek au fratboy, de la meuf un peu paumée à la grosse rigolote. Je ne cacherais pas que je suis probablement fort partial en disant ça, mais j'ai pu remarquer dans mes études de langue que je me trouvais dans une des filières les moins facilement catalogables du monde universitaire, arborant une diversité plutôt agréable, et évitant la trop grosse politisation de ses confrères, qu'il soit de droite (études de droit "j'ai autant de costumes trois pièces que tu as paire de chaussettes cassez-vous de cet amphi on a des vrais cours nous") ou de gauche (sciences humaines "non mais tu vois quoi, l'UNEF c'est trop des vendus moi je fais plus confiance qu'à Sud-Étudiant"). Je ne pense pas que je retrouverais cette ambiance ailleurs qu'à Hufflepuff, des geeks un peu je m'en foutiste qui se laissent porter mollement vers le Master.

2 - Robert Pattinson

Ah ! Le voilà notre underdog ! Avant de devenir le vampire le plus brillant du début du XXIème siècle, bogoss extraordinaire Robert Pattz faisait ses premiers pas sur le monde de la toile dans le rôle de Cédric Truc, un Hufflepuff.
Je sais bien que ça n'a déjà plus grand-chose à voir avec Harry Potter, mais pour m'étendre un peu, j'ai la très nette impression que Robert Pattinson est un type vachement plus intelligent que ses rôles le laissent supposer. Son rôle de vampire amateur de Debussy réussit certes à évoquer un dégout et une douleur profonde dans les yeux de n'importe quoi qui soit mâle ou femelle agée de plus de 15 ans, et hélas il y a à craindre qu'Edward Cullen lui sera un peu ce que Mr. Bean était à Rowan Atkinson ; une entité pas forcémment la plus au goût de son détenteur, mais dont on pourra plus jamais le dissocier et qui lui collera à la peau pour le restant de ses jours. Mais ses interviews laisse transparaître quelqu'un de plus malin que ça, juste un peu jeune et pris de court par ses choix de carrière. Il a déjà avoué (en filigrane) qu'il n'arrivait pas à jouer Edward parce qu'Edward est un personnage grotesque modelé intégralement à partir de la libido d'une mormonne mal baisée de 40 piges. Que ce type-là représente Hufflepuff est quand même un signe que ses membres ne sont pas aussi lents et denses qu'on pourrait le penser.

3 - Le blaireau.

Chaque école a son propre animal qui le représente. Comme je ne vous prends pas pour des idiots, si je vous dis qu'on y trouve un lion, un serpent, et un corbeau, vous n'aurez aucun mal à retrouver à quelle école chaque animal est rattaché.

Hufflepuff, eux, ont un blaireau, en guise de totem. Je suppose que l'idée était d'accentuer ce côté débonnaire, un truc un peu gros et épais pas spécialement dangereux.

Sauf que c'est faux.

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Des 4 animaux, le blaireau est probablement le dernier avec lequel vous voudriez vous retrouver dans une pièce. Oh, certes, le lion peut vous assomer d'un coup de patte en essayant de jouer et de vous trancher la carotide en essayant de vous lécher le cou, mais c'est peu probable. Vous savez quel est le masculin d'une lionne en train de chasser ? Un lion assis devant la télé. Les lions mâles passent la plupart du temps à faire peur à des hyènes pour voler leurs carcasses, ou à bouffer des lionceaux pour limiter les futurs rivaux. Peu de chance qu'ils attaquent un humain, sauf si vous l'énervez vraiment.
Les corbeaux ? Oui, aussi intelligent qu'un oiseau peut l'être, en gros, assez pour savoir qu'il ne faut pas chercher de la merde à un humain qui a un pouls. Le serpent ? Un peu la même chose, et le parfait modèle du reptile au sang-froid : si je ne peux pas le manger et que ça m'emmerde pas, je le laisse tranquille.

Mais un blaireau ? Putain. Le blaireau est un animal territorial, et pas de chances pour vous : son territoire commence dans votre poubelle, et va jusqu'à HUDF-YD3, la galaxie la plus éloignée de notre système solaire, située à 13 milliards d'années lumière de la Voie Lactée. Tout ce qui se trouve entre est la propriété du blaireau : et le blareau vous le fera comprendre si vous l'emmerdez. Leur mâchoire est connue pour être capable de broyer le poignet d'un humain, et je me souviens très bien de ce documentaire animalier où un blaireau se fait mordre par un serpent dont le venin est capable de tuer un gros chien ou de sacrément niquer le membre d'un homme, et où on voit le blaireau agoniser quelques heures avant de se relever et de repartir bouffer des vers de terre et gratter des arbres comme si de rien n'était.
Je ne sais pas trop si c'est son truc à lui ou si c'est en honneur à Slytherin, mais Voldemort commande divers gros serpents. Imaginez si Voldemort avait été à Hufflepuff : fini ces gros trucs écailleux dont seule la tête est dangereuse : vous devez désormais affronter de gigantesques blaireaux capable de surgir de n'importe où sous terre, véritables boules de rages bardées de maladies. Car oui, à leur façon, les blaireaux aussi sont venimeux : ils se trimballent des tonnes de maladies sur eux en permanence, mais n'en meurent même pas tellement leur organisme est résistant. Un blaireau peut passer sa vie à suer du pus et à avoir des poumons réduit à l'état de sachets de thé humides, ce qui ne l'empêchera pas d'avoir bien plus de relation sexuelle que vous et de dépasser votre âge en année de chien.

Oh certes, un blaireau perdra toujours dans un combat contre un lion. Mais supposez un blaireau de la même taille que son adversaire, et vous avez devant vous un mammifère capable de déchirer un tank en deux.

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Peut-être me direz-vous que j'exagère. Peut-être trouverez-vous que je cherche trop l'underdog. C'est probablement vrai. Ce qui est sûr, c'est que je ne chercherais jamais un blaireau. Oh putain, non.

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