20 juin 2009
Jour de la nunuche : Mai retarded waifu.
La plupart des lecteurs de ce blog le savent peut-être, mais mon compère Zalikun fait une "semaine" de la nunuche, où on est censé parler de ce qui nous fait pleurer, de ce qui nous fait rire stupidement, de petits chats et de peines sentimentales, ou de trucs comme ça.
Je me sens assez peu nunuche dans l'âme, mais j'ai quand même décidé de faire un effort, de prendre sur moi, et de voir si je pouvais parler de quelque chose qui n'implique pas des films à petit budget mais à grosse effusion de sang, ou des jeux vidéo méconnus par la plupart des personnes de moins de 150 kilos. Quelque chose de vaguement nunuche, quoi. Mais pas trop quand même, hein. Sinon, l'égo de Zali va encore plus enfler, et il va continuer de pondre des vidéos blogs où il s'écoute parler mollement à sa webcam pendant un quart d'heure. Du moins j'imagine que ça ressemble à ça, je n'arrive pas à les regarder plus de 10 secondes avant d'être tellement embarassé par le spectacle au point que je doive en fermer la fenêtre et vider mon historique.
Ordonc, de la nunucherie. Comme on est sur Geektature et que donc les visiteurs ici s'attendent quand même à un minimum de qualité, j'allais quand même faire quelque chose qui soit un peu dans le contexte. Donc, parler, par exemple, d'un jeu de drague. Ou dating-sim, ça fait tellement moins vulgaire. Et d'un dating-sim dénué de cul qui plus est.
Oh, ça sonne follement passionant comme entrée en la matière. Mais évidemment, je n'allais pas prendre n'importe lequel.
Introducing Katawa Shoujo.
Avant de commencer par une introduction sauvage et débridée, je vais justifier ce choix. Katawa Shoujo a quand même deux grandes particularités par rapport au reste du "marché" des dating-sims :
- Premier point, il est réalisé par une équipe occidentale. Si je sais bien qu'il y a plein de geeks pas bridés qui vivent dans le sous-sol de la maison de leurs parents et qui passent leur journée à faire des concours de jeu textuel, des "visual novels" occidentaux sont en revanche bien plus rare. Je ne mentirai pas en disant que je serais incapable d'en citer un autre que Katawa Shoujo, ou tout du moins un qui vaille la peine d'être mentionné. Une des raisons qui vaut le "relatif" succès et hype du jeu est que l'équipe provient de 4chan, en grande majorité de la board consacrée aux mangas/animes. Ce qui fait une amusante transition pour la deuxième partie.
- La particularité de Katawa Shoujo est que l'action prend place dans un lycée qui est spécialisé en matière d'élèves handicapés.
Je résume. Grace à des 4channers, vous allez pouvoir draguer des filles handicapées.
Ok, il y a quelque chose d'assez malsain dans cette phrase. Et avouons-le franchement, 4channers ou pas, le simple concept peut mettre mal à l'aise. Je ne sais pas si le concept est plus facilement explicable qu'un wargame WW2 avec des lolis à un non-initié, mais ça demeure assez douteux. En apparence.
Avant de me faire l'avocat du /d/iable, je vais laisser le jeu témoigner pour lui-même et faire un rapide résumé non-commenté de ce que propose la démo.
Tout commence quand Hisao Nakai, le héros, reçoit une lettre pour un rendez-vous. S'y rendant, il y découvre que la personne qui l'y a conviée est une fille, et à plus forte raison une fille qui ne le laissait pas indifférent. A peine la confession commencée, il sent son coeur s'emballer. D'abord dans un sens assez métaphorique, mais, malheureusement, il s'avère que ça devient littéral par la suite. Et c'est dans un joli décor enneigé que le héros tombe dans un profond coma.
Il se réveille à l'hôpital, dans une chambre dans laquelle il va moisir près d'un mois, finissant par être oublié de tous, sauf par ses parents et par les docteurs. Il s'avère que Hisao souffre de "troubles de la condition cardiaque", ou arythmie, pour les intimes. Et que désormais, sa vie va être placée sous le signe de la dépendance médicamenteuse et de l'esquive du moindre choc possible pour son coeur. Joie.
Comme une éducation normale qui se poursuivrait dans un lycée banal risquerait de ne pas pouvoir apporter de solution efficace en cas d'une aggravation de la condition de Hisao, il est donc question de le transférer dans un autre lycée, "spécialisé" dans la scolarisation d'élèves "à difficultés". Une fois sur place, Hisao fera la connaissance d'un assez grand nombre de protagonistes hauts en couleur.
Voilà en gros pour le synopsis. Maintenant, il faut y jouer. Et étrangement . . . c'est bien.
Je ne vois pas vraiment quel mal on pourrait commencer à dire de Katawa Shoujo. En grande partie, parce qu'il n'est pas difficile de réussir un jeu comme ça : il suffit de savoir bien écrire. Et il faut admettre que l'équipe derrière le projet (le studio "Four Leaf") a un certain talent. Evidemment, la question du bon goût de la chose vous tourmente toujours, et vous vous posez plein de questions sur comment est-ce qu'on peut gérer les relations avec des filles handicapées ? Le soft a la présence d'esprit de ne pas vraiment y répondre : au final, le héros n'est guère plus anormal que le joueur (le "mindset" du joueur moyen occidental est bien retranscrit dans le héros, même si l'action se déroule au Japon), et il se pose les même questions que vous. Il ne place pas un quelconque fantasme malsain au centre de ses pensées, il se contente d'être juste relativement mal à l'aise, comme le serait n'importe quel personne confrontée à ce genre de situation.
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas s'arrêter à ce simple aspect de la "disability" des filles du jeu. Il semble évident que le studio cherchait uniquement à emprunter une voie pas encore utilisée pour un soft du genre, et que, ma foi, vu que tout a été fait dans ce domaine, l'idée n'est pas plus stupide qu'une autre.
Et ce n'est pas non plus comme si on draguait des filles atteintes de Progéria (si vous ne savez pas ce que c'est, je vous déconseille de Googler). Il y a la sourde/muette, l'aveugle, la fille sans bras, la fille sans jambes, et celle qui se cache le visage à cause de brulures, apparemment. Même si il est évident que leur handicap est visible, elles restent malgré tout relativement "attractives" car le but du jeu est quand même plus ou moins de passer d'agréables moments en leur compagnie.

Amusant de voir que les personnages féminins sont dessinés dans un style qui fait nettement plus "vrai manga" que les persos masculins. Just sayin'.
Et . . . bah j'imagine que c'est à peu près tout. Il n'y a pas grand-chose à commenter sur ce genre de "jeu" : on clique, on clique, on fait un choix, on repart pour un peu de plus de clic, etc. Ca n'a pas la prétention de faire beaucoup plus.
Mais pour rester dans une optique nunuche, je vais quand même en dire tout le bien que j'en pense : Tout d'abord, c'est vraiment très bien écrit. Je n'ai pas l'habitude des Visual Novels, mais du peu que j'en ai vu, le style japonais ne se prête apparemment pas toujours très bien à la traduction en anglais, probablement à cause de la volonté des traducteurs de vouloir trop coller au texte d'origine. Ici, on a un texte originalement en anglais, donc la question ne se pose pas. Qui plus est, chaque personnage a été pensé de façon à ce que son handicap complète agréablement son cliché. Le moment où Shizune (sourde-muette autoritaire "chef de classe", perpétuellement accompagnée par une interprète) se clashe avec Lilly (aveugle "chef de classe" aussi, mais dans le genre calme) est un moment extrêmement bien orchestré et, si on met de côté l'aspect un peu "over-the-top" des dating-sim en général, plutôt réaliste. Au moins pour la gestion de leurs handicaps respectifs à ce moment.
Et il va de même pour chaque perso rencontré. On saisit très vite leur personnalité, que le personnage ait une orientation sérieuse, comme Lilly, justement, ou plutôt décalée, comme Rin. Je dois dire d'ailleurs que j'ai un petit faible pour cette dernière, alors que physiquement ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Mais ses dialogues délicieusement surréalistes et son thème musical benoît ont réussi à me convaincre.
Et puis, il ne faut pas oublier Kenji, presque une sorte de "self-insert" du 4channer moyen. Complètement timbré, chacune de ses apparitions est un véritable challenge mental pour le héros, confronté à un type de logique complètement perverti. Un simple comic relief, certes, mais malgré tout indispensable, et qui contribue à l'impression général que Katawa Shoujo est un jeu différent de ses protagonistes, à savoir : complet. (ok, c'était simple . . .)
Malgré les apparences, il joue aussi un rôle assez important dans une des fins (la débile) qui conclut la démo.
Voilà donc pour ce que j'en ai vu. La démo est trouvable partout sur le web (j'arrive pas à faire des jolis liens sur firefox, alors tant pis, démerdez-vous), se fait assez vite (assez pour s'occuper une après-midi quoi) et est vraiment révélateur de l'équipe et de son talent. Nul doute que quand la version finale sortira, j'y jouerais en cachette la nuit.
Commentaires
Je le récupérerai ptêt quand il sera fini. Ou pas.
J'ai bien aimé la démo, j'attends la suite avec impatience, il parait qu'il y a une épilleptique après.
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