02 avril 2009
Dragon Ball Evolution : Shit was cash. Roughly 7,50€
Ok, ok.
Bon. Bien. Je reprend mon souffle. Je prend mes calmants. Ouf. Du calme. Du calme. Il me faut un moment pour remettre mes pensées en place. Pour me remettre de cette bouffée gigantesque d'endorphine.
Je l'ai vu.
Bien, bien.
Par où commencer ? Il y a tellement de choses mauvaises qui méritent d'être abordées. Tant de détails atroces qui méritent explication. Tant de grossièreté cinématographique qui m'a été catapultée en pleine face.
Et j'ai payé pour ça.

(Mon appareil photo numérique n'avait plus de pile, donc c'était soit le scanner, soit faire une vidéo fascinante où je tiendrais le ticket prendant 3 minutes et la mettre sur dailymotion. lawl)
7,50€. De quoi me payer à manger pendant toute une semaine à la fac (NB : je ne mange plus le midi à la fac depuis février parce que je suis trop pauvre). Sur ces 7,50€ que j'ai dépensé, une partie sera directement comptabilisée dans les bénéfices faits par le film. J'ai, à mon échelle, apporté à cette grande production une petite partie de son bénéfice. C'est un grand pas pour le Miramax, et un petit pas pour le budget alloué à la suite.
Ah, la suite . . . Mais je m'emballe. Reprenons du début.
Sur une planète où les continents sont agencés comme sur la Terre même si les endroits n'ont pas le même nom (dur hur hur) la race humaine a été menacée d'extermination par un gigantesque démon, Piccolo (premiers rires dans la salle) accompagné de son compagnon, un gros monstre appelé Oozaru (merci imdb). Dieu merci, 7 sages ont réussi à l'enfermer grace à une magie dont je ne retrouve pas le nom sur Internet. Mais houu, ivre de vengeance, Piccolo a réussi a en sortir, et se met en quête des 7 boules de crystal parce que parce que.
Pendant ce temps, Goku, joué par un illustre inconnu qui a figuré dans 1 épisode de Lost et 2 de Smallville, s'entraîne aux arts martiaux avec son "grand-père", Gohan (joué par un type encore plus obscur) dans une petite cabane reculée dans la forêt. Amusamment, "San Goku" est encore moins asiatique que moi (origine néerlandaise donc Indonésie, forcémment), et ce patronyme de débile mental, accordé à sa tronche, est probablement une des raisons pour lesquels il se fait tant tabasser dans son lycée. Oui, parce que Sangoku va au lycée, exactement comme dans le manga.
PENDANT 1H24 BORDEL.
Mais je m'égare. Brimé au lycée, et se retenant d'utiliser la violence contre les petites frappes qui le maltraitent et cassent son vélo, on ne peut pas dire que Sangoku ait la vie facile. Heureusement, il y a Chichi, une de ses camarades de classe (comment j'ai facepalmé putain) qui lui donne le courage de continuer à venir prendre des cours sur "par quoi sont causé les éclipses ?". Au lycée.
Ah, les éclipses. Transition.
Malheureusement, toutes ces petites amourettes lycéennes, et les entraînements où Gohan encourage son petit fils à utiliser son "kiiiiiiiiiiii" ne pouvaient pas durer éternellement. Piccolo (joué par l'acteur qui joue . . . Spike, dans Buffy. Ca explique tellement de choses) accompagné d'une paire de seins qui peut tirer des shurikens et donner des coups de pied, est de retour, n'est pas content, et veut donc les Dragon Balls. Il s'avère que San Gohan en a une, qu'il a donné à Sangoku pour son 18ème anniversaire. Fort contrit de ne pas la trouver dans la demeure du vieux, il tue ce dernier histoire de, afin de donner au héros une raison de lui en vouloir.
GRAAAND-PERE DUEEUHHHEUHH POURQUOOOOWA.
Revenant d'une petite sauterie organisée par Chichi, Sangoku voit le bordel qu'a laissé Piccolo derrière lui et crie vengeance, puis suivant les dernières paroles de son mentor, part à la rencontre de Maître Roshi afin qu'il l'aide à réunir les boules de crystal, avant la prochaine éclipse, sinon trop tard, Piccolo, qui se plaint d'avoir eu ses "atomes comprimés" pendant 2000 ans, va tout pêter dans sa frustration.
A partir de là je fast-forwarde, ça commence à m'emmerder : Sangoku prend sa propre paire de seins de compagnie au passage (Bulma, qui est un "docteur en dynamique appliquée spécialiste des armes tactiles". Allez-le voir avec un ami physicien ce film, vous allez voir, c'est priceless), choppe ensuite Master Roshi, joué par Chow-Yun Fat, qui réussit presque à être bien les 2 premières minutes où on le voit, puis enfin Yamcha, qui parvient à être encore plus inutile que dans le manga. Je ne plaisante pas, en plus de ressembler à rien, il ne sert vraiment à rien. Ce qui n'empêche pas Bulma de tomber amoureuse de lui. Characterisation en béton, vous dis-je. Notre héros au coeur vaillant retombe complètement par hasard sur la Chichi sus-mentionnée dans la foulée, histoire de lui coller un love interest, probablement pour voir jusqu'où le réalisateur pouvait s'enfiler le manga original au bout de sa rigueur virile.
HUHUH CHICHI HUHUHUHU.
S'ensuit diverses minutes de filler avec des sujets divers et variés, tels que combats contre des sbires de Piccolo complètement mauvais (et invisibles, merci le cadreur et les gars qui s'occupent de la lumière dans cette séquence), ou encore évocation d'un quelconque "plan B qu'on va devoir faire parce que le petit est pas assez fort mais en fait non qu'est ce que cela je n'ai même pas, Namaste Namaste Namaste", puis Piccolo pique les boules de crystal, puis SPOILER Sangoku était en fait Oozaru depuis le début et sa vraie personnalité se réveille pendant l'éclipse, mais grace à la quantité de fromage indécente à propos de "Croire en soi" "Crois en qui tu es vraiment" et apparenté, les deux parviennent à cohabiter, et foutent une branlée à Piccolo dans une scène qui m'évoquait vraiment un épisode de Power Rangers, plein d'effets flashy de mauvaise facture.
Piccolo meurt (?)(en fait non), la paire de seins qui l'accompagnait se fait shooter dans le dos par Yamcha (dur hur), on se sert des boules de crystal pour ressuciter Chow-Yun Fat (si quelqu'un a l'équivalent pour le ressuciter après son suicide cinématographique, il doit être preneur) qui était mort en se battant contre Oozaru, générique, applaudissement, séquence qui laisse supposer d'une suite, vraie générique. Fin.
Et tout ça était pas bien à un point exceptionnel. Dragon Ball, même si ça bercé mon enfance, je reconnais que ça a plutôt mal vieilli. Et qu'il aurait été risqué d'essayer de faire une adaptation fidèle (je n'ai pas vu la première adaptation d'ailleurs, mais ça avait l'air bien pourri aussi). Mais là, je n'ai aucune idée de la teneur de la démarche intellectuelle qui a motivé ce film. En sortant, mes compagnons parlaient d'un "nanard grand budget", pourtant, la quantité de fromage, le *relatif* sérieux des acteurs et les quelques tentatives d'insérer des blagues censées faire rire au premier degré me laissent plutôt supposer qu'on tient bien là un de ces navets, de ces trop rares navets, ceux qui parviennent à être tellement mauvais qu'ils en sont drôles.
Nul doute que j'achèterai le dvd.
Je ne peux que vous conseiller d'aller voir le film, et de vous répèter à vous-même les phrases suivantes pendant le visionnage afin d'en profiter pleinement :
"Sangoku"
"Yamcha"
"Sangoku fantasme sur Chichi"
"Chow-Yun Fat"
"La technique du Loup"
Et, surtout, la phrase la plus drôle, qui décuple le potentiel comique du film par au moins 8000 :
"7 euros 50".
Commentaires
MAAA-FUUU-BAAAAA !§!!§§§
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