Geektature

Jeux vidéo et méchanceté. Super, pas vrai ? Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà fan.

18 mai 2008

Jeu vidéo et affaires sérieuses.

Si vous n'avez pas la chance d'être un sale geek qui passe sa journée devant le pc, vous ratez probablement le meilleur du net. Entendons-nous bien, le terme "meilleur" est fortement sujet au subjectivisime le plus bas. Disons que vous ratez quelque chose qui apporte un peu son cachet à Internet, son glamour, son bagout, que sais-je encore.

Le trolling, il n'y a pas à dire, c'est quelque chose de fascinant. Cette pratique provient de la fameuse équation :un être lambda + l'anonymat + une audience = un relou monstrueux. Rien n'est plus simple que de dire tout et n'importe quoi, tant qu'on est caché derrière son écran. Regardez comme je le fais bien. "Hey, ducon !"

Ordoncques, si il y a bien un sujet fascinant où s'entrechoquent nerdrage, mauvaise foi et insultes, c'est bien la guerre des consoles.

Mais d'où provient une telle hargne presque belliciste ? Qu'est ce qui peut bien causer certaines personnes à ne plus réussir à taper "fuck" sur un forum et à se contenter de laisser la touche F enfoncée puis de juste poster (ne rigolez pas, ça existe) . On ne niera pas le rôle général de l'Internet dans tout ce qui se rapporte à la gigantesque amplification du moindre conflit, mais ce qui fait toute la différence ici, c'est la césure dans cette masse sociale mal-cernée qu'on peut appeler les "joueurs" .

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Cette image n'est pas représentative de la vue du webmestre, mais elle résume à sa façon l'esprit de la guerre des consoles dans une coquille de noix.

Tout a commencé avec le core gamer. Le joueur de base, tout simplement. Remettez-vous à l'époque où vous connaissiez (ou bien quand vous étiez) un type qui jouait au jeu vidéo régulièrement, sans vous poser guère de questions, finissant 1 ou 2 jeux tout les mois dans vos périodes de vacances, et plutôt un jeu tout les 1 ou 2 mois après. Voilà, vous ne passez pas 15 heures par jour sur certains jeux, vous n'évoquez pas que des titres intégralement en japonais, vous passiez sciemment à côté des pires geekeries possible, bref, un simple joueur, qui a probablement d'autres intérêts dans sa vie. Je ne parle pas du hardcore gamer qui trouvera toujours ses jeux incroyablement "niche" quelle que soit la console qu'il choisit. Izuna 2 sort bientôt, d'ailleurs, mon brave ami.

Le gros problème, c'est qu'entre le core gamer et le monde des producteurs/éditeurs de jeu vidéo, le courant, après près d'une dizaine de générations de machine, passe moins bien. Les éditeurs invoquent le piratage (laissons-les parler) les joueurs invoquent les suites à répétitions, les copier-collers de fps de guerre mondiale, une focalisation trop importante sur les jeux pour les beaufs à la PES, jeux de tuning et autres, etc. Quel que soit le problème, les joueurs finissaient par bouder leurs consoles. Disons qu'ils achètent un peu moins en général, mais surtout en proportion de ce que les jeux finissent par couter. A défaut des core-gamers, il fallait alors, pour les éditeurs et compagnie, trouver d'autres pigeons pour se remplir les poches.

Cela faisait longtemps que Sony et Nintendo essayaient d'attirer un nouveau public, qui jusque là se contentait souvent de jouer chez des amis et autres, en leur proposant des interfaces plus simples que la manette. Mais ce fut nos amis du "Big N" qui ont accéléré les choses en consacrant cette fois-ci leur (voir même deux, si on compte la DS) machine de cette génération à ces casual-gamers.

C'est à ce moment-là qu'il devient difficile de rester objectif. Le fanboyisme et autre petite guéguerre, ça fait longtemps que ça existe. Super Nintendo vs Megadrive, und so weiter. Le problème, c'est que se faire bouder par les core-gamers a provoqué une vague d'irritabilité que Nintendo n'aurait probablement jamais soupconné (même si très franchement, ils s'en foutent probablement) . Pire encore, les-dits core gamers sont soudainement face à leurs faiblesses : les-dits "faux" joueurs achètent en masse la Wii malgré toutes les plaintes que leurs doigts boudinés parviennent à formuler de bien belle manière sur Internet, et tout le monde se rend compte que ces casuals sont bourrés de frics et n'ont aucune idée de comment poser une puce sur leur console, en bref, que faire des vrais jeux pour les vrais joueurs, ça peut encore vaguement marcher, mais qu'il y a tout un nouveau marché à exploiter.

Au final, les électrons libres (comme votre serviteur) s'en fichent. Il suffit d'avoir suffisemment développé de neurones pour se rendre compte que prendre le parti immédiat d'un seul et unique constructeur de consoles n'aboutit au mieux que sur une vague auto-satisfaction minable, ou sur une remise en question forcée de son choix la génération d'après. Les fans de Nintendo eux, se réjouissent. Après 2 générations assez tumultueuses, nos amis Iwata et Miyamoto se retrouvent au top. Ce sont dans les camps opposés qu'on voit apparaitre des sites bourré de nerdrage (qui, amusamment, s'auto-proclament dans la majorité "objectif" et "unbiased") qui ne cherchent même plus à défendre leur console fétiche sérieusement. C'est tellement "5ème génération" comme attitude. Le but est juste d'enfoncer le plus possible les autres. La peur provoquée par le raz-de-marée "casual gaming" fait que l'argument "j'achète un jeu pour m'amuser" ou "pour y jouer en multijoueur" n'est même plus considéré comme valide. On peut alors se poser comme question : qu'est ce que eux, achètent comme jeu ? Ils n'en parlent pas. Ou alors ils citent uniquement des gros titres surs, comme Metal Gear Solid, ou à peu près n'importe quoi qui pourrait ressembler de près ou de loin à un vague (nouveau) fer de lance pour la console. Evidemment, c'est sur qu'en n'achetant rien d'autre, ce n'est pas comme ça que les éditeurs vont se remettre à s'intéresser aux core-gamers. Mais ces contradictions perpétuelles font une grande partie du charme de cette génération.

Finalement, toutes ces batailles repose sur tellement d'idées préconcues qu'on ne peut qu'attendre avec impatience à quoi ressemblera la prochaine génération. Nintendo a bien saisi ce qu'attendait le public de sa Wii, mais les éditeurs tiers se contentent de marcher sur les traces de la grosse firme et de sortir des jeux en third-party absolument risibles (Léa passion kebab etc.) qui doivent probablement se rentabiliser dès le deuxième exemplaire vendu. Sony et Microsoft survivent sans gros problèmes, mais il n'y a pas à douter qu'ils jettent un regard envieux sur les chiffres de vente de la Wii . . . et sur comment ils pourraient essayer eux aussi d'entrer sur le territoire de Nintendo. Il serait amusant qu'à la prochaine génération de consoles, les constructeurs se contentent de n'apporter que peu d'améliorations techniques à leur consoles et mettent l'emphase sur d'autres aspects des jeux vidéo. Ca pourrait apporter des possibilités intéressantes et les fanboys de cette génération, les pires depuis longtemps, fermeraient leur gueule. Allier l'utile à l'agréable, en somme.

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La seule image à proposer une vision vraiment claire et objective de la guerre des consoles. La ps3 en protagoniste principal mais assez anecdotique, la Wii en favori de nombreuses personnes, et la X-box 360 qui fait du skate-board.

Posté par Tchako à 02:07 - Je vide, hey oh ! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Fuck yeah, il fallait que ça soit dit.

J'espère que Suikoden VI sortira sur N-Gage !

Posté par Zali Falcam, 18 mai 2008 à 09:45

Aaaah, du grand Geektateur ! Moins ponctuel que d'habitude, mais toujours aussi excellent ; et tant que la qualité est là, que demande le peuple (composé de geek) ?
Une vision objective de l'actualité de la Guerre des Consoles, c'est peu courant, et ça se mange sans fin =)

Posté par Leto, 23 mai 2008 à 21:50

Ken Kutaragi est mon Maître, vive Sony !!!

Posté par Darkside, 24 mai 2008 à 23:05

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