14 juin 2007
Skinned Deep.
Oh shi-, voilà un certain temps que je n'ai pas fait de review. Pour me rattraper, un truc, vite fait, là.
Bon. Skinned Deep.
Avez vous déjà rêvé de voir Willow lancer des assiettes comme un abruti ? J'espère que non. Moi, la pensée m'avait surement effleuré, mais j'y ai vite renoncé, me disant qu'aucun réalisateur ne satisferait jamais mes pulsions céramiques.
J'avais tord.
Skinned Deep, est, disons-le pour aller vite, un mauvais film. Mais il a la particularité d'être un mauvais film que je suis parvenu à regarder entièrement. D'une traite même. Quelque chose d'assez étrange si il en est.
Il n'y a pas d'explications rationelles, si ce n'est peut-être que je savais ce qu'il se passait dedans avant de le voir, grace en soit faite à Something Awful, et que la répulsion inspirée par le jeu d'acteurs, le scénario, et, ma foi, tout ce qui défilait sous mes yeux, tout ceci était peut-être effacé par l'envie de voir la fin ridicule et monstrueuse du film.
Dans les mauvais films, il y a souvent un moment-clé. Un moment où, tout bascule, et le peu d'immersion qu'on parvenait à ressentir s'évapore complètement. Je ne dis pas qu'on suivait assidument avant. Mais il y a un moment, où on se dit "wouah, donc, en fait, ce film n'a bel et bien aucune qualité".

Ce moment-là est avant le moment suscité. Pour vous donner une idée.
Mais faisons un petit synopsis. Le film reprend un schéma bien connu : une famille de bouseux américains fait une petite ballade en voiture. Regardez bien chaque membre de la famille. Celui qui n'évoque pas en vous des grognements de cochon est celui qui va rester en vie plus de 20 minutes. En l'occurence, elle.

Adios, la maman enceinte d'un foetus de graisse et arriverdeci le sale gosse dont la mort est une bénédiction. Je vous épargne le père.
La famille tombe en panne sur une route, comme c'est dommage. Un pneu crève sans raison. Sans raisons ? Pas si sur, alors qu'une sorte de crochet relié par une chaine se retire doucement du plan avant que les protagonistes ne le voient. Grace à l'introduction du film, on sait que ce crochet appartient à un cyborg qui a un piège à ours à la place de la bouche, et qui aime tuer des vieux en voiture.
Dieu merci, papa ours le père trouve une petite cafet', tenue par la plus mauvaise actrice qui existe. vieille, de surcroit. Celle-ci lui dit que ça ne sert à rien de perdre son temps à essayer d'appeller un garagiste, et qu'ils feraient mieux d'aller chez elle manger un petit quelque chose.
Ok, alors donc, vous êtes perdus en plein désert, une vieille qui parle lentement et comme un éleve de CP qui jouerait une pièce qu'il a lui même écrit vous propose d'aller chez elle, dans une petite maison isolée. En chemin, au passage, vous avez trouvé une voiture pleine de sang, avec un macchabé à l'intérieur. Votre unique neurone s'active.
"Ah c'est bon, le policier m'a juste dit que c'était un accident. Plus ou moins."
C'est bon, on y va.
Je me suis ensuite rendu compte que j'étais une chochotte effroyable. Vous savez, un rien me ferait fuir, moi. Une décoration un peu morbide, trouver des têtes de poupées découpés derrière un meuble, plantés sur des cables de raccordement auraient de quoi me faire prendre la sage décision de faire machine arrière.
Accessoirement, un type qui a de toute évidence un masque en peau humaine sur le visage, un bouseux avec un gigantesque sac en kraft sur la tête qui semble lui recouvrir bien plus que ça ne devrait en recouvrir, et un nain en camisole avec un étui à assiettes dans le dos me convaincraient même de faire machine arrière très vite.
Mais cela ne dérange pas nos courageux héros.
Une scène de massacre plus tard, il ne reste plus que les deux enfants. Ils parviennent à s'enfuir grace à, heu, grace à . . . ma foi, grace au budget qui permettait d'avoir 1h10 de film supplémentaire. Le père se contente de rester sur place et de hurler, sans faire attention au cyborg avec le crochet qui s'énerve devant lui, la mère prend le pari risqué de ne prendre aucune initiative, ce qui, je vous le spoile, ne sera pas à son avantage.
Pause Haiku :
Ses assiettes jetées
Voilà Willow qui fulmine
Inutilement
La fille réussit à casser une fenêtre en jetant une chaise dessus (une fenêtre avec 5 loquets dessus, mais suffisemment fragiles pour se faire casser par une chaise) et s'enfuit avec son petit frère.
Une course-poursuite plus tard, il ne reste plus que la fille. Là, on a le vague espoir que tout peut s'arrêter très vite. Malheureusement, non, parce que le gros avec son sac sur la tête, qui est en fait Brain (cf image du dessus) veut garder la fille pour l'épouser.
Le film monte d'un cran dans l'étrange. Pas mal, après seulement grosso modo 20 minutes. Mais on en est pas encore au point de non-retour.
Brain va voir la jeune fille, prisonnière dans une salle où tout est recouvert de papier journaux. Brain arrive, et lui offre un délicieux repas : une soupe avec des doigts dedans, et une liasse de billet (?)(véridique, mais (?) malgré tout).
Quelques explications superflus plus tard ("quoi, tu veux pas m'épouser lawl ?") la fille parvient à s'échapper. Elle passe par des conduits étranges, mais guères inquiétants (les guirlandes électriques atténuant quelque peu la peur que l'on pourrait ressentir) en passant son temps à hurler à tue-tête si il y a quelqu'un qui veut bien l'aider. Dans une maison remplie de psychopates. Qui ont tué ses parents. Et qu'ils lui offrent à manger.
Et soudainement, des vieux. Ce n'est pas un interlude haïku, non, non. Des vieux débarquent. Des vieux bikers pour être précis. Appellés les "Old Ones" (et non pas les Old Bones, comme ce que j'ai cru lire à un moment), on retient surtout le charismatique leader, qui se fait charmer par le gros plan de la vieille méchante, et "Shakes". Pourquoi un vieux se ferait appeller Shakes ? Réponse en un mot : Alzheimer. Lawl.
Pour faire simple, tous se barrent, sauf le vieux, qui se fait tuer. Hourra. Retournons-en à notre héroine.
La jeune fille se refait capturer. Malheureusement pour elle. Cette fois, Brains l'emmène sur la moto du vieux qu'ils ont tué. Ils vont au bord d'un lac, où on voit des gens, et Brain, toute matière grise dehors, se met alors à discuter avec sa bien-aimée, sans avoir peur que, par exemple, quelqu'un le surprenne. Lui. Et son cerveau.

Je n'aime pas les casques, ça me décoiffe.
En gros, Brain (qui préfère se faire appeller Brian) explique qu'ils ont été fait pour tuer. Par le Créateur. Et qu'il ne peut pas s'empêcher de le faire, parce que sinon ça ne plairait pas au Créateur. Bouh, pas bon. On en sait pas plus sur ce Créateur, malheureusement. Mais ça va venir, rassurez-vous. Ils reviennent ensuite à la maison, où la fille se voit vêtir de sa plus belle robe de mariée, et attachée sur le devant de la voiture des méchants, dans la plus pure tradition des marriages entre fous consanguins.
En attendant, voilà des rednecks. Des gros, des vrais de vrais, qui se promènent dans leur camionette pourrie en projetant un film porno sur la route, ou quelque chose du style.
Ce plaisant interlude n'a pas sans rapport avec l'histoire. En effet, ils auraient pu continuer leur petite ballade tranquillement, mais c'était sans compter sur l'intervention surprise de notre ami le cyborg à la belle machoire, et de son ami le nain. L'affrontement est rude, mais juste, et très vite, il ne reste plus grand chose de nos amis bouseux.
Comble de l'oppression psychologique, la fille est obligée d'en tuer un. Mon dieu, l'horreur. Forcée par son futur beau-frère (le cyborg), elle étouffe un malheureux agonisant en lui versant du sable de la bouche. Ce qui a comme effet immédiat de faire passer le type au rouge vif, et de le tuer tout de suite. Faites attention. Vous aussi, vous pourriez être allergique au sable.
Ce moment n'est pas sans importance. Je ne parle pas du quelconque impact que le réalisateur aurait voulu lui donner. Il s'agit du moment clé du film. Du moment où tout part en couille. Absolument tout. Et que plus rien ne semble arrêter la folie déferlante conférée par la caméra à l'équipe qui se charge du film.
Brain, préoccupé par le fait que, et bien, tuer quelqu'un soit un fait nouveau et peut-être traumatisant pour sa petite amie, lui rend visite dans sa prison de papier journal. Quel n'est pas sa surprise quand elle le regarde avec un sourire mauvais. Qu'elle lui fait des propositions olé-olé.
Et qu'elle lui arrache un gros bout de son cerveau proéminent.
Ce n'est pas encore là qu'on se met à hausser les sourcils plus haut que d'habitude. Alors que Brain s'effondre par terre, des cubes avec des lettres sautillent hors de son cerveau. Et comme si tout n'était pas assez étonnant, ces dernières s'approchent de façon adorable de la fille, et marquent "LOVE". La fille écrase ses cubes, et ça devient "HATE". Mon dieu.
Vous vous souvenez des vieux, dont je parle plus haut ? Vous savez quoi ? Ils sont de retour, et ils sont pas contents. En effet, ils ont appris pour la mort de leur pote, et les "Old Ones" sont prêt à faire des ravages et de l'arthrite.
C'était sans compter que la terrifiante grand-mère. Elle sort de la maison, les salue bien bas, leur colle un signe de la paix sur le front de 3 d'entre eux. Et ces signes explosent.
Reste Shakes et une vieille. Et soudain, le match-up rêvé, le rêve de fanboys, la quintessence du film.

"Toi, moi, là-bas, mano a mano."
Pas la peine de me le dire. Pas la peine d'en avoir honte. Avouez-le : vous n'aviez jamais pensé à ce que pourrait donner un combat entre un vieux frétillant, et un nain obsédé par les assiettes. Ca courre partout, ça déterre des assiettes de sous le sable (sic) et ça se finit en une tête qui vole par dessus la cloture et qui arrive sur une voiture plus bas.
Alors là, on se dit que, peut-être, les vieux et la jeune fille vont allier leurs forces, ce qui marquerait peut-être la première action intelligente du film. Apparemment, non, ce n'était pas au programme. Fort de leur succès, Shakes et la vieille décide de s'en aller, en ayant apparemment complètement oublié qu'ils étaient venus venger la mort de leur ami. Normalité, 0, Alzheimer, 1.
Revenons-en à nos moutons. La jeune fille découvre enfin, à sa grande surprise, le Créateur. De sa voix profonde et magistrale, il fait son speech sur la nature humaine, sa propension à tout détruire, sa place sur Terre qu'elle ne mérite pas. Autant de paroles auxquelles je suis peu réceptif, fasciné par le corps impressionant de ce Creator.

Where is your god now ? "Lawl où avais-je la tête lawl"
Oui. Oui, moi aussi, je me suis posé de sévères questions à cet instant. Malheureusement, aucune n'arrivait à dépasser le stade du "Pourquoi ?".
Y a-t'il un message ? Une signification ? Une métaphore ? Cet homme, à la recherche de la perfection, en-a-t'il perdu l'esprit ? Et pourquoi "Dynomite !!" sur le calebard ? Pourquoi mon dieu ?
La contemplation éperdue de la jeune fille s'arrête lorsque la grand-mère arrive. Celle-ci s'approche d'un cadavre, prend un tuyau, et se le plante dans le cou. Un liquide dégueulasse passe d'un corps à l'autre, jusqu'à ce que la fille arrive, fasse un petit speech en tenant le tuyau, ce qui n'a pas l'air de déranger particulièrement la grand-mère (qui, rappellons-le, joue quand même très mal). Puis elle l'arrache tout d'un coup, et la grand-mère meurt immédiatement. Ce n'est pas évident à saisir. Avait-elle besoin de ce liquide étrange qui sortait du cadavre ? Mais si c'était le cas, pourquoi le fait que ça s'arrête comme ça la tuerait instantanément ? Le rapport est ténu, mais on peut rapporter ça au syndrome "ne pas débrancher la manette ps2 pendant la sauvegarde".
Cet tournure ne plait pas vraiment au créator. Celui-ci continue de prendre la pose, mais non sans déclarer une menace. "BEHOLD . . . CREATION !"
Un T apparait sur son Torse, et s'ouvre. A l'intérieur, on voit une sorte de bébé malformé, hideux, avec une tête gigantesque.
Et ce bébé se jette sur la fille en faisant des bruits, ma foi, de geeks.
C'est un concept hardu à saisir. Pourquoi est-ce que ce type archi-musclé s'amuserait à se propulser sous une forme quasi-embryonnaire vers une personne, si il a le but évident de lui faire du tord ? A ce niveau là, on ne suit plus vraiment, on est porté par les eaux de la stupidité et on finit par décrocher. C'est pourquoi je vais encore accélerer le rythme, parce que cette review commence à me souler.
Tout serait plus simple si toute la famille était bien morte. Pourtant, si vous avez fait le compte, il reste monsieur Cyborg. Et oui, le top-tiers, celui qui demeure pour l'instant invaincu.
Malgré sa machoire phénomènale, il s'était pourtant ici limité à tuer les gens avec une sorte de crochet au bout d'une chaine, une arme à peu près aussi performante qu'une laitue. Cette fois, il a l'air très en colère, car il claque des dents. Sa machoire, monsieur dame, sa machoire ! il s'apprête enfin à perpétrer un crime avec !
Dommage que le Baby Creator en fut la victime. Celui-ci jugea qu'il y avait là une fort belle baston avec laquelle il n'avait aucun rapport, et décida de se jeter dedans. Dedans, au sens propre du terme.

Tout ceci n'est pas très raisonnable pour mon régime.
Profitant de la panique générale, notre jeune amie en profite pour fouiller sous le calecon du Creator. Non pas que sa musculature puisse laisser supposer qu'il fut extrêmement bien membré (peuh, ça veut rien dire) mais le "Dynomite !!" du calecon cachait un lourd secret : Deux batons de dynamites présents là. Allez savoir pourquoi.
Quoi qu'il en soit, elle en colle un au cyborg, et un autre dans la baraque, et elle s'enfuit en courant, pour se retrouver à l'air libre. Elle prend une moto, écrase le cyborg, qui, bien qu'ayant déjà explosé une fois, s'avère particulièrement collant, et quitte la maison, qui explose magnifiquement.
Finalement, elle va voir le commissariat en pleurant, disant qu'elle a besoin d'aide et tout. Puis elle voit les photos de ses parents morts, et regarde le commissaire d'un air effrayé. Puis elle regarde l'arrière salle, où il y a, apparemment, plein de casiers, et pour une raison étrange ça a l'air de l'effrayer encore plus. Puis le commissaire sourit, sort un couteau d'une boite, et la fille se met à hurler.

"No Happy End for you, bitch."
Ce qui est amusant, ce que juste après, on laisse la fille à son pauvre sort, puisque c'est le générique de fin. Mais on continue d'entendre le hurlement. Pendant tout le générique. Absolument tout le long du générique. Qui fait bien 2 minutes. Et on l'entend hurler. Encore. Et encore. Et à vrai dire, ça ne s'arrête pas. Un peu comme si le film tenait absolument à laisser une dernière cicatrice à notre santé mentale.
Ah ! Comme je la regrette !



